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DOSSIER : Le sponsoring...

Auteur : www.horse-ball.org / ML | Date : 23-12-2013

Dossier de www.horse-ball.org : Le sponsoring des équipes de horse ball

Les émissions et reportages sur le horse ball se multiplient. Il est fait régulièrement état de l’émergence de ce sport équestre collectif, populaire, praticable par tous et à tout âge. Alors que le horse ball semble, depuis quelques années, prendre une nouvelle dimension dans le paysage équestre français, il a paru intéressant pour la rédaction de www.horse-ball.org de se pencher sur un sujet jamais véritablement abordé : le sponsoring et le fonctionnement financier des équipes de horse ball.

Horse BallEn effet, il est coutume de dire que l’équitation est un sport de riches, qu’une saison de horse ball est financièrement lourde. Mais le horse ball est-il une discipline équestre qui coûte plus cher qu’une autre ? La réponse est non, pas plus qu’une autre ! Mais le sujet de ce dossier n’est pas de comparer le horse ball avec les autres disciplines équestres mais plutôt de faire un état des lieux du sponsoring des équipes des circuits PRO ELITE & PRO ELITE FEMININ : Comment gèrent-elles leur budget ? Qui sont les partenaires ? Toutes les équipes sont elles aidées ?... Autant de questions auxquelles notre rédaction a tenté de répondre.

Pas une semaine ne se passe sans que nous soient exposés les financements records dans le football, le handball ou encore le rugby. Mais qu’en est-il pour nos champions, héros dans le monde horse balistique mais totalement inconnus du grand public ? Ces hommes qui traversent la France pour vivre et faire vivre ce sport sont-ils aidés ou subventionnés pour réaliser leurs rêves ?

Pour mieux comprendre les enjeux financiers des équipes de horse ball, nous avons estimé le coût moyen d’une saison pour une formation participant au championnat de France PRO ELITE 2014. Sans compter les frais inhérent à l’achat des chevaux, leur pension, leur travail et les autres frais qui en découlent, une saison coûte environ 27 000€ (déplacement des joueurs & chevaux, boxes, engagements, hôtel, équipement... sans compter les frais de restauration pour les joueurs). Nous pouvons considérer également que sur les mêmes critères, le coût d’une saison en PRO ELITE FEMININE est d’environ 21 000€.

Engagements : 240€/étape, soit 2 160€/saison
Hôtel : 300€/étape, soit 2 700€/saison
Boxes : 480€/étape, 4 320€/saison
Transport des joueurs : 220€/étape (0.2€/km), soit 1 980€/saison
Transport des chevaux (moyenne de 9827 kms par équipe) : 1 637€/étape (1.5€/km), soit 14 733€/saison
Matériel divers (maillots, blousons, produits vétérinaire…) : 1 000€/saison
TOTAL = 26893€/équipe et par saison

Horse Ball

Nous avons joint les 18 équipes composant les circuits PRO ELITE et PRO ELITE FEMININ. Sans tabou, sans non-dits, elles ont toutes accepté de jouer le jeu. Pour chacune d’entre elles nous avons essayé de distinguer la nature de leurs soutiens financiers : subventions, partenaires privés & avantages en nature (échange de marchandise).

Pour le circuit PRO ELITE, nous obtenons les graphiques suivants :

Du côté des équipes de PRO ELITE FEMININE, nous obtenons les graphiques suivants :

Horse Ball

Mais d’où viennent ces fonds ? Qui sont les principaux investisseurs du horse ball ? D’après notre étude, les subventions sont l’aide principale dont jouissent les équipes. Outre les disparités entre les différentes formations, on observe également que 3 équipes se démarquent très nettement dans le circuit PRO ELITE : Bordeaux, Arles HCC et Chambly sont, dans cet ordre, les équipes dotées des plus gros budgets. Ces trois formations sont en parallèle les équipes les plus titrées et les occupantes régulières du podium en fin de saison.

Il convient alors de se demander si l’obtention de partenaires est l’apanage exclusif de résultats sportifs remarquables, ou s’il faut trouver notre réponse ailleurs. Et c’est en analysant les données fournies par les équipes de PRO ELITE FEMININE que nous nous apercevons que la réponse n’est pas si évidente que ça... En effet, avec le top budget de la PRO ELITE FEMININE, l’équipe de Nancy Cheval Liberté occupe pourtant la 7ème place après 4 journées, tandis que Chambéry trône à la 1ère, mais n’est que le 6ème budget du circuit.

Il semble que même si les résultats sont aux rendez-vous et peuvent aider à l’obtention de partenaires, d’autres éléments sont également à prendre en compte. Pour essayer d’y voir plus clair, nous nous sommes penchés sur l’organisation interne des différentes formations : une gestion structurée, des taches réparties, un staff identifié... bref, un fonctionnement "semi-professionnel" favorise-t-il l’obtention de sponsors ? Comment se répartissent les fonctions entre les membres d’une équipe afin d’obtenir une organisation optimale ?

Horse BallPour en savoir plus, nous avons contacté Romain Depons, membre de l’équipe de Bordeaux. Plus gros budget de PRO ELITE, notre équipe a enquêté sur les raisons de cette levée de fonds supérieure aux autres.

"Le problème c’est de trouver des partenaires financiers bien évidemment. On est un sport peu médiatisé, et du coup c’est compliqué de vendre un potentiel médiatique alors qu’on sait qu’on va pas lui apporter grand chose".

Voilà en quelques mots le résumé de la problématique. Il apparaît que susciter l’intérêt de sponsors est rendu difficile par le faible retour sur investissement que peut représenter un partenariat avec une équipe de horse ball. Mais Romain Depons, nous explique comment son équipe tente de contourner le problème : "On essaie d’être le plus et le mieux structuré possible. Même étant un petit groupe d’amateurs, nous essayons d’avoir chacun des rôles précis en fonction de nos compétences. Nous essayons également de nous entourer de personnes qui ont un savoir-faire. Par exemple, quelqu’un s’occupe de la communication. Elle est en lien avec la presse locale, spécialisée et nationale. Des communiqués de presse sont rédigés autour de chaque week-end. Nous essayons de nous présenter de la meilleure façon possible et de relayer ces informations de manière professionnelle. Dans l’ensemble, nous essayons d’intéresser un maximum de gens à la vie sportive de notre formation, mais également auprès des partenaires que nous avons déjà".

L’image que véhicule l’équipe est donc d’une importance capitale. Communiquer sur ses résultats, susciter l’intérêt pour le sport au travers de sa propre équipe, et surtout, et cela apparaîtra plus encore par la suite, afficher une rigueur et une exemplarité dans l’attitude et dans la communication autour des étapes de compétition.

Mais qui sont ces sponsors ? Comment réussir à activer les bons verrous et, surtout, comment séduire les partenaires potentiels ?

Le capitaine de la formation bordelaise poursuit : "Pour trouver des partenaires on se dirige vers des gens qui potentiellement pourraient nous suivre, qui connaissent notre sport, ou qui nous connaissent tout simplement. C’est ce qui s’est passé avec l’un de nos sponsors. La personne montait à cheval aux écuries. Maintenant, nous envoyons chaque année des dossiers et nous essayons de démarcher des personnes avec qui nous avons déjà un contact. On se donne aucune limite, mais on sait pertinemment que c’est vers là que nous avons le plus de chances d’aboutir à un sponsoring. On ferait du football, on irait parler à droite ou à gauche de football, tout le monde connaît. Maintenant, il faut être réaliste, nous faisons du horse ball et plus largement de l’équitation, alors il est déjà plus simple de se tourner vers des gens qui connaissent un peu les chevaux, ou encore mieux le horse ball, ses problématiques, ses besoins".

Sur la forme, il nous explique leur façon de procéder : "On essaye de se rapprocher d’un fonctionnement professionnel. Chaque année des dossiers de partenariats sont mis à jour et adressés a nos partenaires. On essaye de montrer le plus possible à nos partenaires qu’à notre échelle on joue le jeu. Auprès d’eux on va insister sur la présentation du sport. Pour nous, à Bordeaux, nous insistons sur l’histoire de la discipline et ses débuts chez nous évidement. Mais on pousse également sur la présentation même du sport, en expliquant que c’est un sport nouveau qui introduit des valeurs nouvelles dans le monde du cheval, le côté de la mixité. Le horse ball est un sport qui monte, et nous insistons sur ce fait pour que les entreprises puissent participer et associer leur image à cet élan. Ensuite c’est assez naturel de se comporter comme n’importe quelle équipe de sport et de faire ce qu’il faut dans le cadre d’un partenariat".

Fort de ces précisions, il apparaît que la levée de fonds est actionnée en grande partie par une structuration nette et précise de l’équipe : "A notre niveau, on essaye d’avoir un suivi de la trésorerie du groupe qui soit claire et limpide, une communication qui soit bien faite, avec des gens qui savent faire. Il est évident que moi je ne sais pas rédiger un communiqué de presse, un dossier de partenariat ou une revue de presse. Et c’est important, selon moi, que le partenaire reçoive régulièrement des informations, des photos… et que tout cela soit bien rédigé et bien présenté pour montrer la bonne volonté et la détermination de notre équipe".

Horse BallMais ne soyons pas dupes, Bordeaux est l’une des équipes historiques du horse ball français. Elle est présente depuis les prémices de la discipline dans les années 70. Cela facilite-t-il les démarches auprès des partenaires ? Romain Depons continue : "Les résultats aident, c’est indéniable. Nous sommes une des plus anciennes équipes, nous avons une histoire liée à celle du horse ball. Cela joue en notre faveur. Il reste maintenant à bien véhiculer ce message et à bien le mettre en avant. La communication va avec l’attitude que nous avons nous, les joueurs et les coachs sur les étapes, dans nos comportements, dans l’état et le soin apportés à nos chevaux. Tout cela doit aller dans le même sens et est totalement indépendant de la victoire ou de la défaite. Tout le monde peut faire attention à son image. On a tendance à l’oublier mais même si nous sommes un sport amateur, il faut qu’on ait conscience qu’on joue au plus haut niveau et qu’on a une image et un sens a donner à tout cela. Les équipes du circuit doivent représenter une véritable vitrine de notre sport".

Il s’avère ainsi que la présence de partenariat impose de réelles obligations pour les équipes : rigueur, application, suivi constant, présentation qui valorise l’équipe et le sponsor.. C’est donc une relation "gagnant/gagnant". Les joueurs ont à coeur de prouver qu’avant tout ce sont des équitants. L’image véhiculée est primordiale. Hommes de chevaux, avant même d’être joueurs, les horse-balleurs souhaitent porter sur eux la rigueur et l’exigence qu’impose le monde équestre. Et plusieurs équipes ont déjà pris le pli de l’uniformité vestimentaire, comme la plupart des équipes évoluant dans la catégorie PRO ELITE. Chemises, vestes ou autres pulls arborent leurs panoplies, qui permettent à ces formations d’afficher leur appartenance à un collectif, et également assurent un relais médiatique privilégié, qui conforte les sponsors dans leurs motivations de partenariat. Il n’est à ce titre pas étonnant de retrouver les équipes les plus "corporate" parmi les plus gros budgets de la catégorie. Les mentalités mettent du temps à évoluer mais il semble que le monde du horse ball entier face bloc dans l’envie d’identification, avec notamment l’obligation pour les soigneurs et les joueurs d’afficher une tenue uniforme à la visite vétérinaire ou sur le bord du terrain.

Des équipes, des partenaires, des moyens financiers… Mais à quoi sert véritablement cet argent ?

"Bien évidemment une part nous permet de soutenir la compétition, réduire les frais qui y sont inhérents et donc permettre aux joueurs d’assumer ce sport là, surtout du fait de la présence d’étudiants dans notre collectif. Ensuite, on essaye chaque année, de conserver une partie du financement pour faire évoluer l’équipe dans sa structure et dans le développement de son image. Chaque année on investi une petite partie du budget dans du matériel neuf, dans des nouveaux maillots, des nouveaux tapis, des supports pour relayer notre image au mieux, ou encore acheter des nouveaux équipements pour le terrain afin d’accueillir des épreuves au club. Ce ne sont pas des investissements moindres, ca peut représenter jusqu'à 25 % de notre budget".

Si les uns jouissent de plus gros budgets que d’autres, peu importe car dans le petit monde du horse ball, les équipes doivent se construire ensemble, et non pas les unes au détriment des autres. C’est à ce titre que Romain Depons nous explique que le sponsoring appelle le sponsoring. Ainsi, il conclut en expliquant la manière dont les écuries de PRO ELITE doivent, selon lui, se nourrir les unes des autres pour aller ensemble de l’avant.

"Depuis quelques années, on constate l’arrivée de quelques partenaires, ce qui va de paire avec l’effort de communication de la discipline. J’ai dernièrement appris que Chambly venait de décrocher un partenariat avec MINI. C’est un atout de force. Je vais probablement m’en servir dans mes démarches pour donner du crédit à la discipline. Au delà de valoriser Chambly, ça valorise aussi l’image du sport. Nous sommes par exemple sponsorisés par Antarès, une équipe peut aller voir un autre sellier. Il faut à tout prix s’entraider en s’appuyant sur les sponsors des autres pour donner du crédit au horse ball. C’est la seule solution que nous ayons actuellement pour continuer à lever des fonds pour le développement de ce sport".

Horse BallDans un contexte où le horse ball représente un budget de subventions dérisoires (environ 130 000 € pour les deux circuits PRO ELITE & PRO ELITE FEMININ, soit 7200 € par équipe en moyenne), la question est de connaître qu’elles seraient les bienfaits de l’émergence de gros partenaires ? A l’image de l’endurance qui a été chapotée par de gros investisseurs étrangers, le horse ball gagnerait-il vraiment à être accompagné par d’importants mécènes ? Que deviendrait notre sport si les joueurs de haut niveau se voyaient pris en charge par de riches investisseurs ? Pourrait-on retrouver, à l’image d’autres disciplines équestres, des écuries où les cavaliers se verraient confier des chevaux. Et le sport dans tout ça... le jeu évoluerait-il ? Le horse ball en sortirait-il grandit et plus respecté ? Y aurait-il un Gucci Master de Horse ball ou une étape au Grand Palais à Paris ?

Nous sommes aux prémices du sponsoring, qui est pour le moment, anecdotique dans le horse ball. Ce sponsoring pourrait même s’apparenter plus précisément à du mécénat ! Mais ne nous voilons pas la face, les sports équestres sont en majorité logés à la même enseigne. Sans même songer à sortir de l’amateurisme, il se passera quelques saisons avant que l’on soit témoins de joueurs ne déboursant pas un centime pour leurs saisons. En attendant, le monde du horse ball doit certainement grandir, les équipes se structurer, les organisateurs se professionnaliser... pour pouvoir présenter un sport attrayant à des partenaires qui auront l’envie d’associer leur image au horse ball.

Toutes ces questions restent ouvertes et se doivent d’être posées à l’heure où le horse ball semble vouloir franchir un nouveau cap dans son développement et où presque toutes les formations de haut niveau jouissent de partenaires financiers !

Vos commentaires

Publié par Fanwhbo le 23-12-2013 15:23

Article tres interressant et tres bien fait ! Tres agreable de voir d autres aspects du hb ! Merci whbo

Publié par CEDEX le 23-12-2013 12:20

C'est quand meme un peu dommage que la seule equipe qui se fasse sponsorise par un sellier soit aussi celle qui n'utilise pas de filet !
La vie est mal faite...

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