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On savait que ce serait difficile !

Auteur : O.Leschiera | Date : 22-11-2017

Les chroniques d'Olivier - Mercredi 22 novembre 2017

EURO 2017 : ON SAVAIT QUE CE SERAIT DIFFICILE ! - Raphaël Dubois (selectionneur & entraineur national)

Samedi 12 août 2017, la date restera forcément marquée dans l’histoire du Horse-Ball avec la défaite des Bleus en finale contre l’Espagne... Loin de la ferveur et du tumulte de l’été et de l’Euro 2017, trois mois plus tard au coeur d’un week-end de Horse-Ball en région calme et automnal entre Salon de Provence et Valbonne, j’ai pu revenir sur le parcours du Groupe France avec Raphaël Dubois...

. Olivier Leschiera : Bonjour Raphaël. Trois mois se sont écoulés depuis l’Euro 2017 et les deux titres acquis par la France en U16 et en Ladies mais aussi la défaite des cavaliers Français en finale contre l’Espagne. Certains adjectifs, certains superlatifs utilisés dans l’émotion d’un résultat sportif ne sont pas toujours le reflet précis et fiable de la réalité mais, quoi qu’il en soit pour la grande majorité des passionnés, ce premier titre gagné chez les adultes par une autre équipe que la France restera forcément historique... Avant d’en parler, pourquoi avoir attendu autant pour t’exprimer dans nos colonnes sur l’Euro ?

. Raphaël Dubois : C’est assez simple, au fond... Les commentaires à chaud ne sont pas toujours les meilleurs mais au-delà de cela, notre volonté principale était de regrouper tous les joueuses et joueurs afin d’organiser avec eux un debriefing de la compétition avant de nous exprimer plus largement : nous avons attendu le premier week-end de championnat à Cagnes-sur-Mer pour nous réunir toutes et tous et revenir sur la compétition.

. Olivier Leschiera : Revenons à notre tour alors sur cet Euro à Saint-Lô...

. Raphaël Dubois : Avant de parler de l’aspect sportif, parlons de l’organisation et du site : dans ce domaine, par expérience, nous savions que tout se passerait bien. Nous connaissons bien l’enceinte et le site pendant le Normandy Horse Show. Je ne sais pas si l’on peut dire que c’est le meilleur, difficile à dire mais c’est l’un des meilleurs au monde : les infrastructures, le public qui a répondu présent, tout est réuni pour de telles compétitions ! Maintenant, parlons du sportif...

. Olivier Leschiera : Avec 2 titres sur 3, quel est effectivement le bilan sportif ? Commençons par les U16 qui ont été sacrés Champions d’Europe après une compétition maîtrisée, tant sur le plan collectif qu’individuel...

. Raphaël Dubois : En U16, tout s’est bien déroulé, cela a bien fonctionné : il n’y a pas eu de matches où certains de nos jeunes sont passés au travers, ce qui avait pu arriver à Saint-Georges en juillet et comme cela arrive parfois, d’autres années, lors des matches de préparation. Il n’y a pas eu de souci majeur pour nos U16 durant l’épreuve.

. Olivier Leschiera : Passons aux Ladies, elles-aussi sacrées championnes au terme d’une compétition où elles ont tout de même vraiment été mises en difficulté lors de la demi-finale et de la finale.

. Raphaël Dubois : Effectivement, après deux premiers matches annoncés faciles (et cela s’est confirmé...), la demi-finale et la finale n’ont pas été terribles. Les filles n’ont pas été au niveau que l’on attendait d’elles : notamment sur la domination. Après avoir revu plusieurs fois les matches à la vidéo pour préparer le debriefing de Cagnes, nous avons affiné notre analyse : concernant le placement offensif sur lequel nous avions beaucoup mis l’accent lors de la préparation, nous n’étions pas loin du tout de ce que nous voulions mettre en place cette année. Nous n’étions pas loin mais avons fait beaucoup de fautes de mains, des petites fautes individuelles qu’on ne doit pas voir à ce niveau et avec les joueuses que nous avons. Nous n’avons pas connu de problèmes de cavalerie sauf un cheval qui a craqué en étant trop émotif dans l’arène, une arène dans laquelle il avait pourtant déjà joué. Hormis ce cas-là, tous les couples étaient en place mais ont eu trop de déchets techniques au niveau offensif. Mais c’était quand même bien...

. Olivier Leschiera : Sur le plan défensif, la demi-finale contre le Portugal a aussi mis en lumière des problèmes chez les Françaises.

. Raphaël Dubois : La défense est en général, et nous l’avions vu dans la préparation, notre point fort mais nous avons effectivement eu de gros passages à vide durant la demi-finale, ce qui n’est pas l’habitude. Ce n’était pas une problématique de couples, les filles n’étaient juste pas spécialement là. On avait fait le pari de laisser dehors deux des cavalières les plus expérimentées (ndlr : Estelle Leguevaques et Mathilde Duboscq) car l’équipe aurait dû plus dominer le match. Du coup, il y a eu un peu le feu à la maison avec des gros ratés en défense ; il y a des jours où cela se passe bien et d’autres moins : il ne faut pas tout remettre en cause... Tout le monde est conscient des erreurs faites et des problèmes rencontrés mais les Françaises ont gagné. Nous réalisons à chaque compétition que le niveau des formations étrangères progresse et que nous rencontrons maintenant des équipes structurées qui ne sont pas faciles à manœuvrer : quand nous ne jouons pas à notre niveau, nous pouvons alors tout de suite être en difficulté. Mais je pense que nous n’avons pas vraiment à nous inquiéter sur le niveau des Françaises pour le futur...

. Olivier Leschiera : Parlons maintenons des joueurs Français qui ont perdu en finale contre l’Espagne. L’histoire retiendra cette défaite mais au-delà de cela, que retiens-tu de la compétition ?

. Raphaël Dubois : Nous savions que nous avions renouvelé 50% de l’équipe par rapport à celle qui avait gagné à Ponte de Lima : Jean-Baptiste Depons, Florian Moschkowitz, Mikel Le Gall, Benoît Lévêque. Sans oublier aussi l’absence de Nicolas Thiessard. Ce sont tous des joueurs avec un gros impact dans le jeu. Avec ce renouvellement à 50%, nous savions que nous ne partions pas favoris et qu’a priori, les Espagnols, qui eux avaient réussi à conserver leur équipe depuis plusieurs années, étaient favoris. Sur la finale, on se rend compte qu’on finit le match après vingt minutes avec un match nul : même résultat qu’en 2014, dans la même enceinte avec l’ancienne équipe de France et sa génération dite dorée (7 buts à 7). Il y a 3 ans, nous avons gagné à la mort subite et cette année, les Espagnols ont gagné : on se dira que ce n’est pas plus mal pour la discipline. En renouvelant 50% de l’équipe et en intégrant des jeunes, cela montre aussi que ces très jeunes joueurs étaient largement au niveau et qu’il ne faudra pas 10 ans pour atteindre le niveau des cavaliers partis. Ces jeunes, que nous suivons de près à travers ce que nous avons mis en place depuis 3 ans (équipe de France U21, équipe de France B qui joue à Chambly...), sont plus performants et le sont tout de suite. Ils doivent encore apprendre mais si on regarde certains moments du match, on voit que Tom récupère une touche importante et qu’Ellington gagne l’entre-deux de la mort subite : ces jeunes ont eu les épaules pour faire le boulot.

. Olivier Leschiera : N’y a-t-il que le manque d’expérience qui puisse alors expliquer la défaite ?

. Raphaël Dubois : Non, le problème de fond de ce groupe-là, c’est la santé des chevaux et elle est vraiment à surveiller (alors que tout a été bien pour les filles et les U16). Mathilde Audic, notre vétérinaire, a été très très performante et n’a pas chômé pour maintenir la cavalerie des gars en l’état pendant la semaine. Un de nos points faibles, c’est donc la fragilité de la cavalerie et pour les jeunes chevaux arrivés cette saison dans le groupe, un niveau encore insuffisant pour ce niveau-là. Les chevaux sont certes performants mais pas assez pour ce niveau-là. Il est certain que sur des matches compliqués ou tendus, nous nous en serions mieux sortis avec une cavalerie plus performante. Je savais qu’il y avait quelques chevaux un peu verts sur le dressage mais avec la fatigue, les entrainements que nous avons pourtant cherché à adapter, les matches, quand on a des chevaux moins bons en dressage, cela finit toujours par tirer plus sur le physique et cela s’est vu, cela s’est payé en fin de semaine.

. Olivier Leschiera : Ne faudrait-il pas mettre en place un suivi dans la saison de l’état de santé et de forme des chevaux du coup pour mieux prendre en compte ce paramètre dans la sélection ?

. Raphaël Dubois : Ces difficultés avec la cavalerie, il faudrait effectivement les anticiper avec un pas à faire, une étape à franchir pour pouvoir dresser un bilan sur les chevaux. Cela serait une nouvelle étape pour progresser : on pourrait imaginer une analyse, 2 à 3 mois avant la compétition, de l’état de santé par un ou une vétérinaire ayant une expertise de notre sport. C’est une nouvelle étape qu’il faudrait atteindre...

. Olivier Leschiera : Ce problème de cavalerie a-t-il été au cœur du debriefing à Cagnes ?

. Raphaël Dubois : Oui mais pas que... Nous avons aussi dit aux joueurs qu’il ne faut pas s’arrêter là car ils ne sont pas au niveau technique de ceux qui sont partis et qu’ils doivent donc progresser sur le travail des chevaux et le travail au ballon. Nous avons partagé les points négatifs et les objectifs à atteindre : je pense que les garçons ont bien compris et qu’ils vont bosser pour cela.

. Olivier Leschiera : Justement, quelles sont les prochaines échéances du Groupe France pour voir si ces progrès se concrétisent ?

. Raphaël Dubois : En 2018, il n’y aura pas de compétition internationale sauf en principe, pour les U16. Mais nous allons conserver le même programme que les années précédentes avec une échéance internationale qui reste à définir. Nous verrons quels tournois internationaux sont organisés, nous pourrions penser à une épreuve comme la Coupe des Nations... A priori, Saint-Georges d’Orques sera une étape de la préparation pour les U16 et le tournoi International de Chambly pour les adultes. Il y aura aussi des regroupements en février et mars pour les garçons, les filles et les U16. Ce ne sera pas possible au cours de cette saison car cela demande de l’anticipation et de la préparation mais dans le futur, il serait possible que nous regroupions pas mal de cavaliers lors de certaines journées de championnat, des cavaliers qui ne joueraient pas ces jours-là mais que nous aimerions faire travailler. Pour mettre cela en place, il faudra l’anticiper en le prenant en compte lors de l’attribution et de la programmation des journées de championnat pour libérer des créneaux de deux heures dans le programme et nous permettre de prendre en charge ces groupes...

. Olivier Leschiera : Pour conclure notre discussion, parlons un peu plus de comment tu as vécu personnellement cette défaite en finale...

. Raphaël Dubois : Cette première défaite chez les garçons était plus ou moins annoncée, cela fait des années que les gens disaient qu’on allait perdre. Alors, c’est toujours frustrant quand on perd mais je sais qu’il y a des raisons et je sais aussi qu’on aurait très bien pu gagner. Je préfère surtout m’attacher aux points positifs : on savait que ce serait difficile mais la débâcle que certains annonçaient quand la génération dorée s’arrêterait n’a pas eu lieu. Les jeunes ont tenu leur rang et n’ont pas à baisser la tête en se disant qu’ils sont les premiers à avoir perdus. Et puis, il faut remercier les anciens d’avoir été là car ils ont accepté de venir et auraient très bien pu ne pas prendre le risque de perdre : ils ne se sont pas dégonflés, ont voulu encadrer les jeunes et l’ont plutôt très bien fait. Les anciens sont suffisamment revanchards pour être encore là dans le futur, repartir sur un bail de deux ans et tout faire pour reprendre le titre...

Horse Ball

  Olivier Leschiera a découvert le horse ball grâce à ses deux filles qui le pratiquent à Montéclin (Ile de France). Grand amateur de sport en général mais non-cavalier, il s'est épris de cette discipline et a à coeur de partager sa passion, soit en commentant régulièrement des matches (il est l'un des speakers sur l'évènement "Jardy - Horse Ball"), soit en écrivant, notamment sur la page Facebook de la HB little family qu'il a créée en ce sens.

Horse Ball

 

Vos commentaires

Publié par toutpetit le 22-11-2017 16:29

La version Horseball de merde est plus rigolte

Publié par FOUTAGEDEGUEULE le 22-11-2017 16:06

En resume tout va tres bien, c'est dommage que le temps passe et que les 6 joueurs d'ores vieillissent ! Mis a part ca on continue on change rien, pas le selectionneur ni l'entraineur par exemple ??? Ils se foutent de notre gueule quand meme ! Il n'y a, on le sens bien aucune remise en cause de l'encadrement et/ ou du Staff France !!! Mais que fait la FFE ??? Serait il possible d'avoir la vision de la FFE ?

Publié par Forcebasque le 22-11-2017 14:29

Reviens Mikel!!! Et vite...

Publié par nulnulnul le 22-11-2017 10:54

Pfff aucune analyse de fond et encore moins de remise en question. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes.

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