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U21 Ladies : retour sur le GTI !

Auteur : O.Leschiera | Date : 12-06-2018

Les chroniques d'Olivier - Mardi 12 juin 2018

SELECTION UNDER 21 FEMININE : RETOUR SUR LE GRAND TOURNOI INTERNATIONAL !

Retours sur le Grand Tournoi International de la sélection Féminine à travers un reportage construit en échangeant pendant et après l’épreuve avec les joueuses Romane Convers et Perrine Court (Emma Boudinaud, Clara Château, Baptistine Septvents et Roxanne Dubois étaient les autres tricolores) ainsi que leur coach, Florian Moschkowitz ! Ce Grand Tournoi aura offert au public des matches disputés, serrés, âpres, parfois un peu frustrants avec des imprécisions mais surtout enthousiasmants ! Une expérience en Bleu pour ces cavalières de moins de 21 ans qui, à ne pas en douter, leur servira à progresser très rapidement, aussi bien dans leurs clubs que dans le Groupe France !

Il aura fallu attendre quelques semaines pour vous proposer ce reportage car les cavalières ont très vite basculé sur la préparation des finales au Mans, un délai qui aura aussi permis d’apprendre, entre temps, la sélection de Perrine Court dans le groupe Ladies qui jouera au Chambly World Tour...

Lamotte Beuvron – Boxes rouges samedi fin de soirée – Déçues mais pas abattues !

Dans la nuit déjà tombée, les filles de la sélection U21 soignent encore leurs chevaux et rangent leurs affaires en silence, forcément déçues par la défaite d’un but que vient de leur infliger une sélection Espagnole robuste et bien en place. Florian Moschkowitz me confie : "Ce match du samedi est la démonstration typique du pourquoi de telles sélections et de tels matches sont mis en place. Vivre son premier match sous le maillot bleu, entrer sur un match international avec un public en nombre et bouillant, tout cela provoque de belles émotions, du stress et peut parfois inhiber. Les filles s’en rappelleront longtemps, j’en suis sûr…". Le coach reconnait que, pour son équipe de jeunes filles où la moyenne d’âge ne dépasse pas 19 ans, la rencontre du soir a été difficile à appréhender. "Nouvelle équipe, nouveau coach, nouvelles consignes…". Florian a apprécié la volonté de ses joueuses mais déplore des fautes de mains récurrentes sur ce match, une précipitation dans les choix qui n’ont pas permis à ses cavalières de "se mettre en place, de s’installer, de prendre confiance". Le coach constate aussi : "Après deux tirs simples manqués, la pression sur leurs épaules est remontée d’un cran. L’équipe a réagi mais cela n’a pas suffi. C’est évidemment un échec en termes de résultat". Perrine Court, la capitaine des Bleues, confirme : "Nous pouvons dire que la pression était au rendez-vous et qu’il a été difficile de la gérer avec beaucoup de pertes de balle. Dès le début du match, nous avons été menées par les Espagnoles qui ont gardé un jeu très solide tout au long du match, contrairement à nous. Le manque d’expérience et le manque d’automatismes se sont beaucoup faits ressentir durant le match".

Dans la nuit et la fraicheur qui sont tombées sur Lamotte après une chaude et une longue journée, le coach des U21 féminines regarde son équipe et s’attache, comme il me le confiera après, à travers ses gestes et ses paroles à "dédramatiser la situation, faire le maximum pour éviter que le stress de l’événement inhibe les filles et pour leur permettre d’exprimer leurs qualités dans ce tout nouveau collectif, lui aussi à mettre en place". Florian Moschkowitz a assez d’expérience pour faire le tri dans tout ce qu’il a vu ce soir, savoir que son équipe abordera le match retour avec un but à remonter et me confie finalement : "L’état d’esprit a été là, tout n’est pas tout noir et les problèmes ne me semblent pas trop compliqués à régler. Je suis certain que les filles vont savoir rapidement se focaliser sur le match de dimanche et ne pas trop ruminer leur performance car ce sont de grandes compétitrices…".

Au moment de quitter le Parc Equestre, en passant une dernière fois devant les boxes des cavalières tricolores et en les regardant finir de tout ranger, on sent que les filles ont déjà basculé et sont maintenant focalisées vers leur match retour contre les Espagnoles...

Lamotte Beuvron – Pavillon fédéral vers midi – A la rencontre de leurs supporters

Les six filles et les six garçons qui composent le Groupe France U21 dédicacent depuis quelques minutes les posters, les photos, les maillots et même parfois les casques que leur tendent les jeunes cavaliers : certains enfants semblent parfois intimidés, d’autres sont beaucoup plus spontanés mais tous ont le regard qui brille. Derrière les joueuses, en retrait, Florian Moschkowitz s’amuse à essayer de distraire discrètement ses joueuses qui restent cependant concentrées pour échanger avec leurs fans. Les Françaises et leur coach semblent, comme depuis le début du week-end, heureux ensemble : la défaite de la veille semble bel et bien oubliée...

Ce que Perrine court, la capitaine des Bleues, me confirmera, quelques heures plus tard : "Nous nous connaissions toutes plus ou moins et l’ambiance a été au rendez-vous tout le week-end, que ce soit entre filles, avec le coach ou encore avec les garçons U21 !". La joueuse me parlera aussi plus longuement de l’apport de Florian Moschkowitz : "Pour parler du coaching, après le stage de présélection en mars, j’ai pu remarquer que le coaching que Mos propose est très organisé, ce qui aura été très bénéfique pour nous, étant donné que nous avions eu peu d’entraînements toutes ensemble. Il a fallu trouver le meilleur moyen de réussir à fonctionner toutes ensemble et surtout le plus rapidement possible. Je l’ai trouvé très investi et j’ai aussi trouvé qu’il avait très bien réussi à nous gérer alors qu’il ne nous connaissait pas forcément : gérer six filles n’est pas toujours simple ! Je tiens à le remercier pour tout ce qu’il nous a apporté durant ce week-end, que ce soit sur l’aspect technique comme sur l’aspect mental".

En regardant Mos passer quelques minutes auprès des U21 ou tout près des cavaliers qui sont venus pour la séance de dédicaces, je réalise soudainement que peu de jeunes semblent vraiment connaitre et reconnaitre celui qui était encore l’un des piliers de l’équipe de France sur le terrain il y a seulement deux ans : le temps passe, les rôles changent mais la passion reste la même pour le coach, les joueuses et leurs supporters… Florian Moschkowitz, avant de s’éclipser et de laisser les tricolores finir la séance d’autographes, me glisse : "Tu devrais échanger avec Romane Convers, le travail qu’elle fournit avec son cheval est intéressant...".

Ayant entendu le conseil du coach des U21 féminines, je vais échanger un peu plus tard avec celle qui vient juste de fêter son dix-huitième anniversaire (Romane est née le 28 avril) et qui avait initialement prévu de participer cette année au Grand Tournoi dans la catégorie Juniors. Dans quelques jours, elle passera son bac et me confie : "Et après, je vais faire des envieux, j’arrête l’école pour me consacrer entièrement au cheval et à l’équitation !". Romane enchaîne rapidement pour évoquer son cheval Inarco, leur histoire et le travail qu’ils font ensemble: "Pour en parler, il faut déjà que je revienne deux ans en arrière, date à laquelle il est sorti des courses. Il avait alors huit ans. La première étape a été de le modifier physiquement : il ressemblait plus à un lévrier qu’à un cheval de sport. J’ai donc consacré les sept premiers mois uniquement au travail sur le plat : il n’a jamais vu alors de ballon. J’ai ensuite commencé quelques matches en amateur où je me suis aperçu qu’il pouvait démarrer très vite et être très rapide mais qu’il était aussi trop inquiet, pas assez maniable et pas assez contrôlable : j’ai donc concentré mon travail sur la décontraction, le relâchement et fait beaucoup plus d’assouplissements latéraux et longitudinaux de manière à ce qu’il puisse avancer, revenir et tourner rapidement, tout en restant calme et serein. J’ai encore une marge de progression, notamment pour pouvoir être performante en touche où Inarco a encore, pour l’instant, du mal à rester posé. Je consacre beaucoup de temps pour réussir : mon cheval est sorti deux fois par jour, tous les jours, sept jours sur sept avec un programme de travail. Je prends exemple sur les chevaux des cavaliers de CSO et de dressage de haut niveau chez qui j’ai eu la chance de pouvoir aller travailler". Je réalise en écoutant la toute jeune tricolore que Mos avait raison de m’inciter à échanger avec elle sur son travail avec son cheval : "J’ai un entraînement de Horse-Ball collectif par semaine et fais deux séances de shoots dans la semaine. Sinon, le reste du temps, j’alterne entre séances de plat, seule ou encadrée par ma maman qui est enseignante, trotting, longe... Et si le temps le permet, il va au paddock deux heures par jour. La majeure partie du temps, il n’y a que moi qui monte Inarco mais quand je suis moins présente parce qu’il y aussi l’école, les concours de CSO, c’est ma maman qui s’en occupe".

Avant de laisser Romane, je lui demande si tout ce travail avec son cheval n’est pas trop prenant pour une fille de son âge et elle tranche immédiatement avec beaucoup de fraicheur : "Bien sûr que cela demande du temps mais à mon âge, c’est certainement plus simple à gérer que cela le sera dans quelques années ! Je vis chez mes parents, mon cheval également, pas de vie professionnelle, pas d’enfant à gérer…" !

Lamotte Beuvron – Boxes rouges dimanche dans la soirée – les sourires de la victoire !

Les Françaises viennent de rentrer aux boxes, heureuses, victorieuses et plus satisfaites d’un match plus abouti et réussi que celui de la veille. Au goal average, les tricolores remportent le Grand Tournoi International. Plus que le résultat, c’est la manière que Florian Moschkowitz semble apprécier : "Dès la fin du match perdu hier soir, les filles ont rapidement su se focaliser sur le match de ce soir. Elles savaient, tout comme moi, qu’elles n’avaient pas joué à leur niveau et, en grande compétitrices qu’elles sont, ont su se remobiliser". Le coach insiste alors sur le fait que ses joueuses lui ont toujours paru dans la bonne attitude, à l’écoute, focalisées sur les informations qu’il leur donnait, à la recherche de solutions collectives. "Ensemble, tous les sept".

Une victoire à sept acquise par les six Bleues et leur coach que confirme aussi Perrine Court : "Aujourd’hui, nous étions plus que motivées pour ne pas présenter le même visage que hier. Nous sommes donc parties avec moins d’appréhension grâce aux conseils de notre coach, durant les débriefings". Mos enchaîne : "La peur a effectivement laissé place à l’envie. Le public est devenu un allié dans leurs têtes et les filles ont appris à se servir de cette énergie qui ne doit pas paralyser mais mobiliser". Perrine rebondit aussitôt : "Je tiens aussi à remercier tout le KOP qui nous aura soutenues ces deux soirs et qui aura mis une ambiance de folie sans laquelle ce tournoi n’aurait pas été le même pour nous, en tant que joueuses !".

Un peu plus tard encore dans la soirée, Mos revient sur la partie du soir : "Ce soir, les filles se sont exprimées sur le terrain et ont joué. Les consignes échangées ont été mieux comprises et mieux appliquées. Ainsi, la concentration et l’application dont elles ont fait preuve ont permis de gagner avec un goal average permettant de remporter le GTI, ce qui était l’objectif". Le coach s’arrête quelques instants et conclut : "Le talent est là, elles doivent juste apprendre à l’exploiter dans tous les contextes…"

Les satisfactions du week-end en bleu sont nombreuses pour le coach qui, sur le plan sportif, se dit ravi de l’esprit collectif et de l’application que les filles ont mise à respecter les consignes de jeu. Il souligne plus spécifiquement, la défense qui fut une vraie réussite d’équipe : "L’application et l’engagement collectifs dans les consignes démontrent une vraie volonté à travailler ensemble". Mos souligne, dans les points forts de son groupe, le niveau d’équitation et le dressage des chevaux : "Ces filles ont la bonne attitude et doivent continuer à travailler dans ce sens".  

Mos et ses joueuses n’en oublient pour autant pas les difficultés rencontrées, comme le note Perrine Court : "Si j’ai trouvé que durant ce week-end, notre point fort a été la défense qui a très bien fonctionné sur les deux matches, nos attaques ont été plus difficiles à construire. Notamment à cause de nos manques d’automatismes étant donné que nous n’avions eu que le week-end de présélection pour nous entraîner ensemble". Le coach confirme que le jeu d’attaque et le secteur de la touche, compte tenu du manque d’entrainements collectifs et de connaissance des filles entre elles, ont été moins aboutis : "Ces secteurs de jeu, où la confiance est primordiale, ont souvent été pollués par des maladresses. Surtout le samedi…". Florian Moschkowitz, en compétiteur qu’il a été à cheval et qu’il est encore aujourd’hui sur le bord des terrains, me glisse que la plus grosse déception du week-end restera bien sûr la défaite mais probablement encore plus, à titre personnel, "le fait de ne pas avoir su les aider plus à se libérer dès le premier coup de sifflet". Le coach assume et apprend : "Elle comme moi, nous devons analyser les éléments qui nous ont menés vers cette petite défaite le samedi. La remise en question fait partie du sport et il ne faut pas l’oublier".

Nous continuons à échanger dans la nuit Solognote alors qu’à quelques dizaines de mètres, la soirée au Pavillon Fédéral commence à battre son plein. "Ce qui m’a personnellement beaucoup plu est la progression entre les deux matches. Nous avons beaucoup échangé avec le groupe durant ce week-end et aussi appris à nous connaitre. La gestion du stress pour un sportif est un élément essentiel à la performance. Je suis persuadé que ce genre de confrontations peut rendre ces cavalières et rendre la France plus fortes à l’avenir. La moitié de l’équipe aurait pu jouer en juniors cette année, le groupe était très jeune. Personnellement je suis très fier d’elles et je pense que la France du Horse-Ball peut l’être aussi ! Ces filles doivent continuer à travailler en gardant à l’esprit que l’équitation est la clé : je ne suis vraiment pas inquiet, elles montrent toutes un niveau d’équitation qui peut faire pâlir certains garçons !".
 
Avant de le laisser retourner à ses occupations, j’essaie de comprendre ce que Florian a ressenti à titre beaucoup personnel : "De l’émotion bien sûr mais aussi une certaine pression. Nous, les coaches, sommes acteurs, tout comme les joueuses et portons les défaites comme les victoires avec elles ! Je suis heureux d’avoir eu la chance de coacher ce groupe de joueuses qui, je suis persuadé, fera parler de lui à l’avenir. J’espère simplement avoir su leur fournir quelques armes supplémentaires…"

Dans cette soirée où les cavalières tricolores pourront savourer leur victoire avant de redevenir aussi, le lendemain, les supportrices de leurs équipes de jeunes et de clubs favorites, le dernier mot ira à Perrine Court, la capitaine des tricolores durant le week-end : "C’est une très bonne idée d’avoir inclus les filles U21 à ce tournoi, que je trouve très enrichissant en tant que joueuse : c’est une très bonne expérience que je souhaite à tout le monde. Je fais le vœu que tout le monde puisse un jour participer à un tournoi avec un public et une ambiance pareils !!!"…

Horse Ball

  Olivier Leschiera a découvert le horse ball grâce à ses deux filles qui le pratiquent à Montéclin (Ile de France). Grand amateur de sport en général mais non-cavalier, il s'est épris de cette discipline et a à coeur de partager sa passion, soit en commentant régulièrement des matches (il est l'un des speakers sur l'évènement "Jardy - Horse Ball"), soit en écrivant, notamment sur la page Facebook de la HB little family qu'il a créée en ce sens.

Horse Ball

 

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