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Laguerre/Vignal : bilan de mi-saison !

Auteur : O.Leschiera | Date : 20-02-2018

Les chroniques d'Olivier - Mardi 20 février 2018

L.LAGUERRE & B.VIGNAL : LE BILAN DE MI-SAISON !

En janvier 2018, juste après le week-end au Mans et à presque mi-saison du championnat Pro Elite, je suis allé à la rencontre d’entraîneurs de la catégorie la plus relevée du Horse-Ball Français pour échanger sur quatre thèmes qui auront beaucoup fait parler et, je l’espère, réfléchir ces dernières semaines... La qualité du jeu et de l’équitation des joueurs, l’arbitrage, le système de bonus et les difficultés et enjeux financiers d’une saison de Horse-Ball. De quoi continuer à alimenter les discussions et peut-être les réflexions sur des évolutions de notre sport... Après l’avis exprimé dernièrement par Nicolas Thiessard, j’ai échangé avec Luc Laguerre et Baptiste Vignal sur ces sujets !

Horse Ball

. Olivier Leschiera : Bonjour Baptiste et Luc. Après Nicolas Thiessard, merci à votre tour de prendre le temps de nous apporter votre point de vue sur quelques éléments qui ont animé les échanges et les débats depuis le début de la saison. Commençons par la qualité du jeu et de l’équitation qui, pour certains, se dégrade : pensez-vous que les cavaliers sont moins adroits ou moins bons en dressage, que les chevaux sont moins forts ?

. Luc Laguerre : Pas spécialement en phase ! Je n’aime pas trop jouer les anciens combattants en criant que le futur, c’était mieux avant...

. Baptiste Vignal : Je pourrais encenser l’ancienne génération dont j’ai fait partie mais je ne serais pas tout à fait honnête, surtout envers moi. Alors pour moi, la qualité globale s’améliore. Maintenant, nous avions été habitués à des équipes rodées et expérimentées qui dominaient la discipline (Arles, Bordeaux et Chambly) et avec les nombreuses retraites de ces dernières années, l’écart s’est resserré, également aussi parce que les autres équipes ont progressé.

. Luc Laguerre : Je dois avouer que je suis toutefois assez nostalgique des batailles que se livraient Arles/Bordeaux /Chambly...

. Baptiste Vignal : Les nouveaux cavaliers sont peut-être moins doués en dressage que leurs glorieux prédécesseurs mais pas de l’ensemble des joueurs d’élite d’auparavant. Dans l’ensemble, la qualité des joueurs a augmenté mais, seulement, il y a aujourd’hui de moins en moins d’écart entre les très bons et les "moyens". Il n’y a pas de chevaux dominants non plus comme il y a pu avoir auparavant mais je pense que c’est également un nivellement des valeurs. Et n’oublions pas le principe de couple : s’il n’y a plus de joueurs totalement dominants (même si j’en vois encore quelques-uns comme Robin Cool, Tom Dupau, Romain Depons, Johann Pignal), les chevaux paraissent tout de suite moins impressionnants.

. Olivier Leschiera : Les critiques ont aussi été nombreuses sur l'arbitrage : certains disent que les arbitres sifflent trop souvent ou pas toujours à bon escient, d'autres sont critiques sur l'arbitrage à 3. En phase ou pas ?

. Baptiste Vignal : L’arbitrage est un vaste débat et même si des erreurs subsistent côté arbitres, je vois aussi et encore des joueurs rater des tirs ou passes faciles pendant les matches. Si on pense qu’un jour il n’y aura plus d’erreur d’arbitrage, on se fourvoie totalement. L’important c’est la cohérence dans l’arbitrage, lorsque je jouais (j’ai l’impression d’être aussi vieux que Luc quand je dis cela…), une des premières choses dont on parlait au briefing était l’identité des arbitres car ils avaient une réelle influence, plutôt négative sur le jeu. Aujourd’hui, le système mis en place par l’association des arbitres ainsi que l’arbitrage à trois, qui a permis à de nouvelles têtes d’émerger, ont amorcé un changement bénéfique : il n’est pas rare aujourd’hui pour moi de découvrir sur le terrain qui seront nos arbitres car je n’ai plus d’appréhension sur le déroulement de la rencontre, leurs décisions étant devenues bien plus cohérentes. Il reste du travail mais mon bilan est plutôt positif.

. Luc Laguerre : Par ses propos à mon égard, Baptiste essaie de dire, avec ses mots à lui, que nous avons une expérience commune du jeu et de l’arbitrage "ancienne méthode" qui permettait aux joueurs et arbitres de communiquer pendant les actions. On se rend compte à posteriori que ces échanges réduisaient considérablement le nombre de coups de sifflet. En n’ayant qu’un seul interlocuteur, on pouvait aussi s’adapter aux attentes de l’arbitre... Je persiste à dire qu’il n’y a pas de problème d’arbitres mais un problème d’arbitrage : le système ne leur permet pas de communiquer avec les joueurs et ils ont une vision du cœur du jeu plus que limitée. Il faut être clair : on le constate à chaque match en coachant, on demande régulièrement à nos joueurs la faute qui a été sifflée, tout simplement parce que l’on ne voit pas tout à pied, le long du boudin ! Je les estime beaucoup, les arbitres de touche mais je ne les imagine pas non plus extralucides : de l’autre côté du terrain, face à moi, ils ont forcément le même problème que moi ! Pour ma part, je n’ai jamais caché le fait que je considère qu’il manque maintenant quelqu’un au cœur de l’action. Les arbitres bossent bien et sont très investis mais j’ai le sentiment qu’on ne les met pas dans les meilleures conditions. Ils sont notamment très embêtés pour juger les trajectoires et ce qui se passe sous les buts... Je verrais d’un bon œil qu’on essaie de les positionner derrière les buts sur une chaise...

. Baptiste Vignal : L’arbitrage à trois est pour moi une bonne solution. Tout d’abord, pour trancher sur les actions litigieuses, un nombre impair d’arbitres me paraît important. Ensuite, concernant l’influence du corps arbitral, avant lorsque l’un d’entre eux passait à côté de son match s’il était sur le cheval, son influence était énorme : aujourd’hui, un arbitre qui se loupe peut se reposer sur ses collègues et du coup, l’impact sur la rencontre est moindre. Le système est jeune, et je rejoins Luc : il peut nécessiter des ajustements sur le positionnement des arbitres de zone qui seraient sans doute plus efficaces derrière les buts. Mais encore une fois pour moi, c’est un progrès !

. Luc Laguerre : J’ai deux autres constats à partager sur l’arbitrage à trois ; le premier, c’est que trois sifflets pour trois arbitres, c’est trop ! Le second constat, c’est que, désormais, l’arbitre de chaise entend tout ce qui se dit côté "bancs" alors qu’avant, les coaches, soigneurs, joueurs sur la touche étaient à l’opposé.... Si on doit persister dans l’arbitrage à pied, il faut le faire évoluer ! Remettons donc le "banc" de l’autre côté de l’arbitre de chaise qui pourra ainsi se concentrer sereinement, un autre arbitre à pied en face, 2 autres arbitres de chaise derrière les buts, une bonne liaison radio entre eux et un seul sifflet ! Ce qui n’interdirait pas ponctuellement, sur des matches présumés tendus, de remettre quelqu’un sur un bon cheval sur le terrain ! Ne soyons pas obtus, continuons à réfléchir...

. Olivier Leschiera : Parlons maintenant des bonus ! Certains critiquent leur mise en place car certaines équipes sont derrière d’autres formations alors qu’elles ont, pourtant, plus de victoires à leur actif. Qu’en pensez-vous ?

. Baptiste Vignal : Les bonus défensifs sont bien intégrés depuis l’année dernière : leurs mises en place avaient pour but de diminuer les écarts entre les équipes et force est de constater que cela a fonctionné. Je n’ai pas d’avis négatif dessus : les matches sont souvent disputés jusqu’au bout, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant. Ce qui me gêne plus, c’est que la victoire dans le temps règlementaire n’est pas valorisée par rapport à celle au but en or. Pour le bonus offensif, je suis plutôt dubitatif : il est difficile de réellement jouer le bonus offensif car celui-ci dépend d’énormément de conditions favorables. Et avec ce système de bonus offensif, une équipe, ayant gagné tous ses matches mais d’un but ou deux par exemple, peut ne pas être championne au profit d’une équipe qui aurait forcément au moins deux défaites à son actif mais aurait aligné quelques bonus offensifs, ce qu’on ne pouvait pas voir avec le bonus défensif seul.

. Luc Laguerre : Je rejoins Baptiste sur le manque de valorisation de la victoire. Je pense qu’il faudrait faire évoluer l’attribution des points : 0 point en cas de défaite sauf en cas de bonus défensif rapportant 1 point (comme aujourd’hui), 3 points en cas de victoire, qu’elle soit acquise dans le temps réglementaire comme à la mort subite pouvant être bonifiée (comme aujourd’hui) avec 1 point supplémentaire si acquise avec plus de 6 buts d’écart.

. Olivier Leschiera : Certains trouvent que le format du championnat est lourd à supporter (coûts, déplacements) pour beaucoup de cavaliers et supporters, ce qui rend compliqué pour certains d'enchaîner les saisons. Etes-vous en phase ou non ?

. Luc Laguerre : Les championnats sont effectivement très contraignants, surtout si vous habitez au sud de Lyon, c’est une évidence mais que faire ? Une partie championnat resserrée : l’hiver en indoor et des tournois en mode open l’été en outdoor ? Ou autre ? Il faudrait réfléchir au format au passage d’une catégorie à une autre... Pas simple...

. Baptiste Vignal : Alors, même si je trouve très bien que des supporters se déplacent, pour moi, ils ne doivent pas constituer un critère lors des choix des événements et journées de championnat. Les coûts importants ont toujours existé car c’est un sport qui nécessite le déplacement de six chevaux. Le format du championnat est fait de manière à ce que le maximum d’équipes de haut niveau puisse profiter de structures de qualité, quelles que soient les conditions climatiques. Ces structures ne sont pas légion en France et on peut déjà se féliciter de pouvoir pratiquer notre sport dans de telles conditions. Je ne vois pas quel format de championnat permettrait de limiter les coûts, hormis à revenir à un format de poule régionale et finir par un regroupement mais pour développer le haut niveau, ce n’est pas la solution. Peut-être y a-t-il trop de circuits fermés ou semi-fermés... Peut-être que les niveaux amateurs (Elite et 1) devraient demeurer en poule régionale…

Horse Ball

  Olivier Leschiera a découvert le horse ball grâce à ses deux filles qui le pratiquent à Montéclin (Ile de France). Grand amateur de sport en général mais non-cavalier, il s'est épris de cette discipline et a à coeur de partager sa passion, soit en commentant régulièrement des matches (il est l'un des speakers sur l'évènement "Jardy - Horse Ball"), soit en écrivant, notamment sur la page Facebook de la HB little family qu'il a créée en ce sens.

Horse Ball

 

Vos commentaires

Publié par Tresbien le 21-02-2018 19:24

A mon avis Dubois est a la bourre car comme il regarde pas les matchs sur les week end il doit se taper tous les matchs de la saison en video ... non je rigole il fait un tirage au sort comme il sait bien le faire pour le grand tournoi !

Publié par NIMPORTEQUOI le 21-02-2018 12:27

Il est sympa Laguerre et son copain DUBOIS ! Mais au lieu de pavaner avec son article qui n'a aucun interet il pourrait pas ecrire 8 noms sur internet pour le stage dans 1 mois ? je croyais qu'ils etaient payer pour ca non ?

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