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World Cup : Gildas Lefort (Arbitrage) !

Auteur : O.Leschiera | Date : 21-07-2016

Les chroniques d'Olivier - Jeudi 21 juillet 2016

WORLD CUP (Ponte de Lima) : GILDAS LEFORT (Responsable de l'arbitrage)

Pour cette quatrième étape de mon voyage en ballon (… de HB) autour du Monde avant de rejoindre Ponte de Lima, j’ai eu la chance de rencontrer Gildas Lefort qui sera responsable de la commission d’arbitrage lors de la prochaine Coupe du Monde. L’occasion d’échanger sur le rôle et l’importance du corps arbitral durant l’épreuve.

. Olivier Leschiera: Bonjour Gildas ! Peux-tu s’il-te-plait nous parler du rôle que tu vas tenir à Ponte de Lima et des arbitres qui vont participer à la Coupe du Monde ?

. Gildas Lefort: J’ai rejoint la FIHB depuis quelques années, sollicité comme officiel pour plusieurs championnats internationaux. Cette année, j’ai accepté la responsabilité de la commission d’arbitrage. Il y a une volonté de mettre en place des actions de formation. Avec le support d’un document que j’ai déjà utilisé dans ma région et en Espagne ces dernières années, je vais proposer des échanges à Ponte de Lima pour les arbitres intervenants.
Ces échanges sont bien entendu ouverts à toutes les personnes qui s’intéressent à ce dossier au niveau international mais aussi dans chacune des nations présentes.
Je pense qu’il y a actuellement pas mal de différences d’interprétations et d’application du règlement. En s’attachant plus précisément aux repères qui amènent les arbitres à prendre une décision, je suis persuadé que nous ferons avancer la cohérence dans l’appréciation des situations de jeu.
Il y a un groupe de 9 arbitres qui ont été appelés pour gérer les deux terrains à Ponte de Lima. La tâche est donc importante. Mais je n’ai aucun doute quant à l’engagement et la rigueur des officiels qui ont été désignés.
Le premier enjeu est de permettre que la compétition se déroule dans les meilleures conditions mais la réflexion peut aller plus loin, en mettant en commun les compétences de chacun pour progresser sur le plan international.

. Olivier Leschiera : Comment préparez-vous la Coupe du Monde entre les différents arbitres et est-ce facile ?

. Gildas Lefort: Il a fallu, dans un premier temps, établir en accord avec les responsables de la FIHB et l’organisateur la liste des arbitres avec le souci de conjuguer expériences et représentation suffisamment large des nations. C’est maintenant, chose faite.
De mon côté, je prépare le contenu des interventions sur la formation proposée.
Sur place, avec les superviseurs de chaque terrain, nous devrons analyser les interventions des arbitres pour que la compétition se déroule avec le plus de justesse possible, dans des conditions sportives de sécurité et de sérénité optimales.

. Olivier Leschiera: Y a-t-il des façons différentes d'arbitrer entre les différents pays du monde ? Des préoccupations qui peuvent un peu varier ou constates-tu une certaine homogénéité dans l'arbitrage ?

. Gildas Lefort: Pour enfoncer une porte ouverte, il y a déjà la barrière de la langue. Les expériences que j’ai déjà eues dans ce domaine montrent que les échanges sont souvent riches et fournis grâce à la bonne maitrise de nos collègues et l’aide de traducteurs compétents !
En ce qui concerne les différences constatées, elles sont souvent associées à la lecture de "faits de jeu" et concerne surtout le niveau d’exigence dans le respect des règles (trajectoires, contacts...). Il faudra sans doute harmoniser le niveau de la sanction (pénalité 1, 2 ou 3) avec les fautes observées.
La gestion et l’identification de l’avantage seront aussi un thème de réflexion. L’idée étant d’être suffisamment réactif pour que le jeu ne soit pas trop haché tout respectant les conditions de sécurité des joueurs et des chevaux.
Je n’ai pas de soucis sur le respect de l’esprit de la règle avec les intervenants qui seront sur place. Nous avons déjà eu des expériences communes avec la plupart. De plus, les arbitres présents ont un pratique régulière dans leurs pays respectifs et au niveau international.

. Olivier Leschiera: Une question que le public se pose régulièrement... comment communiquez-vous entre vous et avec les joueurs quand ils ne parlent pas votre langue ? Est-ce facile ou parfois source d'incompréhensions et de difficultés ?

. Gildas Lefort: Comme je l’ai déjà dit, la langue peut être un frein à la bonne communication sur le terrain. Je travaille actuellement sur la production d’un document qui associe un lexique simplifié (petit dictionnaire de langues) et la gestuelle. L’idée est que chaque couple arbitral puisse communiquer sur l’essentiel en match, mais aussi que les joueurs, les coaches et le public puissent comprendre les décisions prises. J’espère que tous les acteurs de la compétition seront suffisamment curieux pour entrer dans cette démarche. Les enjeux sont importants si l’on souhaite voir du beau spectacle, avec du rythme et de la sérénité.
Une fois de plus, les expériences que nous avons déjà montrent que cette communication est effective. Nous parlons parfaitement un "franglais/ispano/germanique avec un accent très personnel" qui permet la gestion des matches ! L’anglais est la langue la mieux maitrisée par tous mais nous, les Français, devons admettre que nous amis étrangers ne maitrisent pas mal notre langue !
Chaque arbitre est capable d’acquérir quelques mots de vocabulaire dans différentes langues qui, associés à la gestuelle, permettent une bonne compréhension.

. Olivier Leschiera: Quelles seront les priorités que vous vous donnerez dans l'arbitrage à Ponte de Lima ? Y a-t-il des secteurs de jeu, des phases de jeu où vous serez encore plus vigilants et intransigeants ?

. Gildas Lefort: Le premier point important est bien entendu la sécurité des acteurs. Je ne doute pas que les organisateurs auront le souci de proposer les conditions matérielles de celle-ci de manière à ce que les arbitres soient concentrés sur la justesse et l’application des règles. Nous aurons sans aucun doute des échanges importants sur les trajectoires prises par les joueurs. Les erreurs dans ce domaine sont à l’origine des plus gros soucis de sécurité.
Je dis souvent que les arbitres ne sont pas les seuls garants de cette sécurité. C’est pourquoi j’espère que les joueurs et les entraineurs seront associés à cette démarche. C’est d’autant plus important dans ce contexte international où vont se côtoyer quelques "cultures" équestres différentes.
Le règlement est le même pour tous et nous le ferons appliquer avec loyauté et sans état d’âme. Je considère que le groupe d’arbitre est une équipe qui se doit entraide et soutien. Un arbitre ne gagne jamais un match! Il sera satisfait s’il a le sentiment d’avoir été juste. Ce sera sans aucun doute un travail collectif.


. Olivier Leschiera : Y a-t-il des nations que tu n'as jamais arbitrées et que tu es impatient de voir jouer et d'arbitrer ?

. Gildas Lefort: Je parlais un peu plus tôt d’un "choc des cultures"… C’est l’image que j’ai eue en 2008 en accompagnant la sélection allemande et en observant le premier match des argentins face aux français car nous devions les rencontrer le lendemain !
Je suis très motivé par cette nouvelle expérience et curieux de voir notre activité déclinée par de plus en plus de nations (Mexique, Australie...). Je pense pouvoir en dire de même pour les arbitres qui seront sur cette compétition.
A nous aussi de faire que chaque nation pratique le même sport avec les mêmes règles !

. Olivier Leschiera : Un message particulier à nous confier pour terminer cette entrevue ?

. Gildas Lefort: Le Championnat du Monde doit être une grande fête pour tous. Si c’est la 3ème édition pour la Pro Elite, c’est une première pour les moins de 16 ans et les Ladies. C’est toujours un événement lorsque l’on participe à ces premières : j’imagine la joie que cela doit être pour les joueurs et joueuses des différentes sélections !
Je remercie le bureau de la FIHB pour la confiance qu’il m’accorde pour cet événement. Je remercie aussi les autres arbitres et superviseurs invités : je suis sûr de leur engagement pour que tout ce passe au mieux.

Horse Ball

  Olivier Leschiera a découvert le horse ball grâce à ses deux filles qui le pratiquent à Montéclin (Ile de France). Grand amateur de sport en général mais non-cavalier, il s'est épris de cette discipline et a à coeur de partager sa passion, soit en commentant régulièrement des matches (il est l'un des speakers sur l'évènement "Jardy - Horse Ball"), soit en écrivant, notamment sur la page Facebook de la HB little family qu'il a créée en ce sens.

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