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World Cup : Ladies (France)

Auteur : O.Leschiera | Date : 08-07-2016

Les chroniques d'Olivier - Vendredi 08 juillet 2016

WORLD CUP (Ponte de Lima) : LADIES (France)

Troisième étape de mon voyage autour du Monde en ballon (… de Horse-Ball). Restons toujours en France ! Après avoir rencontré quatre de nos U16, j’ai eu la chance d’échanger avec les huit Bleues qui défendront les couleurs de la France lors de la prochaine Coupe du Monde à Ponte de Lima : Amandine Simon, Cécile Guerpillon, Justine Ammann, Lisa Bourdon, Magalie Denis Laurens, Margaux Bouchery, Mathilde Duboscq et Valentine Descamps.

Amandine Simon (Chambly / Pro Elite Féminine)

Revenir sur cette annonce au Mans fait remonter à l’esprit de nos huit Ladies plusieurs sentiments...

Tout d’abord, la surprise comme le confie Amandine Simon : "Ce fut même une très grande surprise ! Je crois que tout mon corps s’est mis à trembler...". Une réaction que la joueuse de Chambly, qui honorera sa première cape cet été, explique par  "sans doute, le manque d’habitude de ce genre de situation...". Mais aussi une surprise pour Magalie Denis Laurens qui reconnait qu’elle ne pensait pas faire partie de l’équipe au vu de la saison très irrégulière et du classement final de son équipe de Montpellier : "j'avoue qu'il m'a fallu du temps pour réaliser...".

Un sentiment de surprise qui laisse ensuite rapidement la place à la joie et la fierté. Si Mathilde Duboscq souligne "qu'on ne peut qu’être contente dans ce genre de moment", Justine Ammann, elle, savoure encore plus sa deuxième sélection chez les Bleues : "Ma joie a été plus grande qu'à l'annonce de la première parce qu'il s'agit de la première Coupe du Monde féminine et aussi parce que ma coéquipière Amandine avait été appelée juste avant moi". Valentine Descamps rajoute alors : "C’est un plaisir d’avoir la chance de pouvoir porter une nouvelle fois le maillot bleu et de vivre des moments extraordinaires avec les filles sur les terrains comme à côté. Ces événements créent toujours des souvenirs inoubliables".

Cecile Guerpillon (Montpellier / Pro Elite Féminine)

Une joie mais aussi pour toutes de la fierté "de pouvoir défendre les couleurs de la France" pour reprendre les mots de Magalie Denis Laurens. Ce que confirme son équipière de club, Cécile Guerpillon : "c'est toujours une grande joie et un honneur de représenter les couleurs de la France aux échéances internationales et encore plus cette année pour la 1ère coupe du monde féminine". Margaux Bouchery partage aussi ce sentiment de fierté, renforcé par celui "d'avoir réussi à amener sa petite jument jusque-là".

Enfin, le dernier sentiment qu’évoquent certaines cavalières, c’est le soulagement, comme le dit Lisa Bourdon : "cette annonce, c’est un soulagement et une récompense qui finalise une année remplie d'aléas et de travail !". Cécile Guerpillon reconnait aussi avoir poussé un grand ouf : "Il y a toujours un grand stress avant et pendant l'annonce de cette sélection : ayant été blessée en décembre lors du Salon du Cheval de Paris et participant aux finales au Mans sans ma jument car elle s’était blessée (je maintiens d’ailleurs que le CSO est beaucoup plus dangereux que le Horse-Ball, j’en ai fait l’expérience sic !), le doute était encore plus présent pour moi".

En continuant à échanger avec nos huit Bleues, on se hasarde à leur poser une question que certaines vont trouver dérangeante : quels points forts pensent-elles pouvoir amener à l’équipe ?

Justine Ammann (Chambly / Pro Elite Féminine)

Certaines joueuses se lancent. Margaux Bouchery, même si elle tient à préciser en préambule qu’il est "difficile de s’auto-juger", glisse : "je dirais une défense sûre et un jeu sérieux sans trop de prise de risques". La défense, un secteur de jeu où Mathilde Duboscq pense aussi pouvoir apporter aux Bleues ainsi que sa "détermination à gagner sur le terrain". Deux qualités que sa coéquipière chez les Roses de Coutainville, Lisa Bourdon, partage : "les points forts que je pourrais apporter à l'équipe, c'est l'impact en défense, mon envie de remporter le titre et donc de ne rien lâcher et de me battre jusqu'au bout !". C’est aussi le secteur défensif que Cécile Guerpillon met en avant grâce à sa jument : "son énergie inépuisable, sa maniabilité et son courage permettent un fort pressing en défense haute". Quant à Justine Ammann, elle pense pouvoir se "mettre au service du collectif et jouer à la place et aux postes que Raphaël Dubois choisira". Comme elle nous l’avait expliqué dans une précédente chronique, la Camblysienne met en avant sa polyvalence développée par "le remaniement de son équipe en cours de saison" : "j'espère pouvoir en faire profiter mes coéquipières pour le Mondial !"

D’autres Bleues ne veulent pas ou ne peuvent répondre à cette question. Peut-être par volonté de privilégier le collectif à l’image de Valentine Descamps : "Les points forts que je peux apporter à l’équipe, je ne les connais pas réellement : je pense surtout que chacune d’entre nous va apporter le meilleur de soi-même pour porter au plus haut les couleurs de la France !". Ou par manque d’expérience à ce niveau comme Amandine Simon le confie : "N’ayant jamais joué à ce niveau-là et dans ce groupe, il est difficile pour moi de me positionner...".

Lisa Bourdon (Coutainville Agrial / Pro Elite Féminine)

Puis, il y a les filles qui préfèrent faire une pirouette en préférant blaguer. Amandine Simon lance aussi en riant qu’elle pense pouvoir apporter "certainement la vieillerie" à ses équipières. Imitée par Cécile Guerpillon : "Nos points forts sont sans aucun doute notre taille en touche et le physique important de ma jument : 1m70 à une quinzaine de centimètre près". Magalie Denis Laurens est aussi de cette humeur riante : "Mes points forts ? Je me suis entraînée depuis un an pour perfectionner mon toucher de balle au foot et je pense que cette année, je ne devrais pas être ridicule lors de nos matches amicaux contre les mixtes !".

La discussion glisse alors sur les futures rivales des Bleues et celles qui pourraient être les plus dangereuses : toutes les cavalières sont prudentes à l’image de Mathilde Duboscq et de Margaux Bouchery qui répondent : "On verra lors du Championnat", la cavalière de Meurchin avouant "ne connaitre ni le nombre, ni les équipes présentes à Ponte de Lima". Son équipière de club, Valentine Descamps, partage cette prudence : "tout ce que je sais, c’est qu’il ne faut prendre à la légère aucune des équipes".  Un constat partagé par Cécile Guerpillon : "Je pense qu’aucune équipe n’est à négliger, que ce soit les équipes Européennes qui sont en grande progression chaque année (notamment l’Espsagne et le Portugal) mais aussi les nouvelles équipes car nous ne les connaissons pas et seront surement surprenantes !". Espagne et Portugal, les deux formations de la péninsule Ibérique sont d’ailleurs citées à plusieurs reprises : Mathilde Duboscq rappelle alors : "par le passé, les plus grandes rivales de la France ont été l'Espagne et le Portugal et le restent : tout particulièrement, le Portugal qui sera en plus à domicile". Sans oublier, pour certaines de nos Bleues, les Belges et les Italiennes qui "commencent à prendre de l’expérience !", comme le note Lisa Bourdon. Des Belges fortes de leur expérience en Pro Elite Féminine pour Magalie Denis et des Italiennes dont Amandine Simon se méfiera parce "qu'elles ont récupéré ma capitaine Anna Lisa Risso !".

Magalie Denis (Montpellier / Pro Elite Féminine)

A cet instant de la discussion revient à l’esprit une phrase de Cécile Guerpillon : "J’ai été d’autant plus contente lors de l’annonce de la sélection en entendant le nom de ma coéquipière et amie Magalie Denis Laurens". Hasard ou non, outre les deux joueuses de Montpellier, Raphaël Dubois a retenu trois autres binômes de cavalières qui jouent en saison sous le même maillot : Amandine Simon et Justine Ammann à Chambly, Valentine Descamps et Margaux Bouchery à Meurchin, Mathilde Duboscq et Lisa Bourdon à Coutainville.

Ces binômes, un vrai avantage ou non ?

Probablement, un léger avantage... "Il y a quand même pas mal d’avantages à jouer avec une coéquipière car nous avons des réflexes ensemble qui peuvent aider l'ensemble du collectif", note Mathilde Duboscq, confortée par Lisa Bourdon : "Oui, c’est un atout car les automatismes commencent à apparaître entre nous, surtout en défense car nous y partageons les postes de défense basse". Le mot automatisme revient aussi dans la bouche d’Amandine Simon et Justine Amman qui confie : "Il est certain que nous avons acquis de nombreux automatismes ensemble et que nous nous trouvons facilement sur un terrain. Maintenant le but du jeu est de m'entendre aussi bien avec Amandine qu'avec chacune des filles de l'équipe". La Camblysienne a probablement pointé du doigt l’importance de ne pas se focaliser uniquement sur ces binômes. Parce que le jeu l’impose aussi, comme l’explique Valentine Descamps : "cela fait tellement longtemps que l’on joue ensemble avec Margaux que l’on se connaît par cœur sur un terrain maintenant mais cela ne veut pas dire pour autant que cela sera plus facile car dans le jeu, on ne réfléchit pas pour faire circuler le ballon : on choisit souvent la coéquipière la mieux positionnée". Ce que Cécile Guerpillon confirme : "on peut aussi créer rapidement une complicité en match avec les autres joueuses". Pour clore cet échange sur les duos de club, Margaux Bouchery apporte un dernier éclairage intéressant : "Cela reste difficile de jouer ensemble sur ce genre de rendez-vous : les binômes ne sont pas souvent conservés, je suppose pour éviter justement que l'on se cherche trop...".

Margaux Bouchery (Meurchin / Pro Elite Féminine)

On comprend alors que le collectif sera forcément plus important que les duos déjà habitués à jouer ensemble. Amandine Simon en est convaincue : "je suis plus impatiente d’intégrer cette équipe que de jouer avec une joueuse en particulier. En effet, c’est le côté collectif de notre sport qui prime pour moi". "Je suis impatiente de jouer avec toutes mes coéquipières" avoue d’ailleurs spontanément chaque cavalière. Avec une impatience supplémentaire pour jouer avec les petites nouvelles : "J’ai hâte de jouer avec les deux bizuths" avance Cécile Guerpillon ! Mathilde Duboscq, elle, déclare être très contente de retrouver Amandine Simon : "nous avons joué ensemble pendant 2 ans !". Justine Ammann, pour sa part, reconnait être impatiente de jouer avec Lisa Bourdon : "parce qu’elle fait partie des nouvelles avec qui je n'ai encore pas eu la chance de jouer et aussi parce que pendant le stage de présélection à Lamotte, j'ai senti que l'on  pourrait avoir un feeling rapidement dans le jeu". Un feeling avec Lisa qu’ont déjà connu Valentine Descamps et Margaux Bouchery qui lance avec un petit clin d’œil : "Rejouer au Portugal avec Lisa et Valentine ressemblera un peu à un remake de l'équipe de France cadets 2012". Une impatience partagée par la joueuse de Coutainville : "Je suis impatiente de jouer avec toutes ces cavalières mais plus particulièrement avec mes anciennes coéquipières de cadets, Margaux et Valentine ! Ce ne sont que de bons souvenirs et j'ai la chance de revivre un championnat du Monde avec ces deux grandes joueuses !".

Mathilde Duboscq (Coutainville Agrial / Pro Elite Féminine)

Lisa et Amandine, deux bizuths qui se soutiendront, comme en témoigne la cavalière de Coutainville : "Je félicite et remercie Amandine pour sa sélection car, comme cela, nous serons deux à endurer le bizutage des six autres filles..." ne solidarité prise avec humour, à l’instar de la joueuse de Chambly qui nous confie alors : "Etant donné que je suis la plus ancienne, s'il y a des choix de tenues à faire, j'aurai la priorité ! Et comme Lisa est plus petite, qu’elle ne s’inquiète pas... je lui laisserai la place devant !".

On sent alors vraiment que ces huit filles sont prêtes à vivre l’aventure Portugaise et qu’elles sont impatientes d’y être ! Mais au fait, est-ce que certaines parlent déjà la langue locale ? La réponse est globalement négative. Margaux Bouchery ne connait que "quelques mots mais pas grand-chose... je vais m'entrainer un peu avant d'y aller !". Tout comme Justine Ammann qui avoue compter sur ses cousines Portugaises pour lui apprendre quelques expressions avant son départ. Certaines cavalières savent dire merci, hésitant tout de même entre obrigado et obrigada ou ont un ou deux mots ou phrases assez particulières. Ainsi, Magalie Denis nous avoue savoir "dire seulement une phrase que m'a apprise mon amie Marta Castro, joueuse de l'équipe du Portugal : je ne suis pas sure de l’orthographe, c'est - Eu conyeusu a Marta - qui veut dire - je connais Marta". Lucide, la joueuse de Montpellier précise : "cela ne va pas beaucoup me servir mais bon c'est un début !". Cécile Guerpillon doute aussi de l’utilité d’un mot qu’elle maîtrise : "bacalahau" (qui veut dire morue), tout comme Justine Ammann qui sait dire "Ferme la porte". Quant à Amandine Simon, elle semble déjà avoir réfléchi aux détails pratiques et va apprendre à demander "Où puis-je trouver une machine à laver s’il vous plait ?".

Valentine Descamps (Meurchin / Pro Elite Féminine)

Au moment de laisser nos huit Ladies, on a juste envie de leur demander si elles ont quelque chose à ajouter. Amandine Simon est la première à lancer : "Merci qui, merci Quracmarie !". Suivie aussitôt par Mathilde Duboscq : "Des remerciements surtout ! A Jean François Bourdon et mes poulettes". Plusieurs remercient leurs équipières et leurs coaches ainsi que les membres de leurs familles pour leur soutien (Margaux et Valentine leurs parents, Magalie ses parents, son oncle et sa marraine chez qui elle a son cheval qui lui sont également du grand soutien). Le mot de la fin, enfin la phrase de fin, c’est Justine Ammann qui la lance en espérant que nos lecteurs Lusitaniens ne hurleront pas en lisant mon orthographe : "À te jà, esperando que a maior parte de vocês poderão estar presentes para nos apoiar em Portugal", ce que nous traduirons par : "A bientôt, en espérant que vous viendrez nombreux nous encourager au Portugal !"

L'équipe de France Ladies

Horse Ball

  Olivier Leschiera a découvert le horse ball grâce à ses deux filles qui le pratiquent à Montéclin (Ile de France). Grand amateur de sport en général mais non-cavalier, il s'est épris de cette discipline et a à coeur de partager sa passion, soit en commentant régulièrement des matches (il est l'un des speakers sur l'évènement "Jardy - Horse Ball"), soit en écrivant, notamment sur la page Facebook de la HB little family qu'il a créée en ce sens.

Horse Ball

 

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