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Horse Ball World : CANADA !

Auteur : www.horse-ball.org | Date : 11-03-2014

Dossier de www.horse-ball.org : Le horse ball au Canada !

L’équipe de France de horse ball domine les échéances internationales depuis 25 ans. Jamais tenue en échec lors de ses rendez-vous face aux équipes étrangères, la réussite tricolore est le reflet d’un intérêt grandissant pour la discipline dans l’hexagone.

Malheureusement, cette performance remarquable est à nuancer. Et il semble que le horse ball à l’international peine à trouver un second souffle. En effet, avec une participation en baisse sur les dernières échéances internationales, il est à se demander si le horse ball a vocation à s’exporter ou si ce produit "Made in France" n’est pas voué à le rester.

Avec 5 équipes lors du dernier championnat européen à Saint-Lô en août dernier, c’est le plus faible taux de participation depuis 2004, on est plus habitué à tourner à 8 équipes sur ce genre de manifestation. On est bien loin des 11 équipes présentes en 2008 à Ponte de Lima lors du championnat du Monde. Et il ne semble pas que le Grand Tournoi International parvienne à remobiliser les formations européennes, avec seulement 3 équipes ayant répondu présentes sur l’édition 2013 et une annulation en 2014.

Si le contexte européen semble compliqué pour le moment, est-ce une réalité internationale ?

Pour répondre à cette interrogation, la rédaction de www.horse-ball.org a mené son enquête au Québec (Canada). Dans une région plus habituée aux motoneiges et aux chiens de traîneaux, nous avons rencontré 2 jeunes femmes qui portent le horse ball au niveau local.
Julie Bourbeau & Emilie Bonnardeaux sont deux figures du horse ball québécois. Présentes  à la mise en place de la discipline en 2004, nous les avons contactées pour connaître leur quotidien horseballistique, 6ans après leur 11ème place au championnat du Monde.

Les enjeux, les difficultés, l’adaptation du règlement, elles se livrent sans secret, dans une interview croisée. Entre équitation western et concours complet, découvrez la réalité du horse ball outre-atlantique.

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Bonjour mesdames, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle dans le horse ball ?

> Julie Bourbeau :Mon nom est Julie Bourbeau et je pratique le horse ball depuis 2004. Avec Lucie Angers et Marcel Beaulieu (maintenant décédé), j’ai tenté d’introduire et de promouvoir le sport au Québec (Il ne faut pas oublier que le Canada, c'est 10 000 000 km2, 35 000 000 habitants... et 5500 kms à d’Est en Ouest). J’ai participé à diverses activités dont celles offertes par la FIHB à Neeroeteren en Belgique lors des championnats d’Europe, à la Coupe du Monde à Ponte de Lima au Portugal en 2008, au championnat de France Féminin (dans un tout petit niveau amateur, certes !) à Lignières et aux matchs d’exhibition lors des Jeux Equestres Mondiaux du Kentucky, en 2010. Lucie Angers a fondé l’Association horse-ball Québec (AHBQ) en 2005. J’ai été vice-présidente puis présidente de l’Association horse-ball Québec pendant plusieurs années et avec l’aide des membres du comité, nous avons tenté de structurer le sport dans notre région. Plusieurs joueurs français sont venus nous aider en passant quelques jours chaque année ici, dont Julien et Nicolas Thiessard, Anthony Moris, Jean-Baptiste Depons dans les premiers temps, puis Nicolas Georgeault et Thomas Peschel par la suite. Depuis quelques années, je suis moins active au sein de cet organisme et je me contente de jouer.

> Emilie Bonnardeaux : Mon nom est Emilie Bonnardeaux, je joue au horse ball depuis 2006. J’ai participé à la coupe du Monde de "horse ball/Pato" en Argentine et à la suite de cet événement j’ai joué en Angleterre pour les "London Bees" (équipe anglaise) en 2007. Depuis 2009 j’ai un centre équestre au Canada et je développe des équipes de horse ball. Je suis maintenant instructeur classique niveau 1 et j’ai un bac en enseignement de l’université de Concordia. En 2010 j’ai aidé à organiser la démonstration de horse ball aux jeux équestres mondiaux de Lexington, aux Etats-Unis. Depuis 2006 je suis active dans l’organisation des démonstrations et de matchs de horse ball au Québec. Depuis 2 ans j’organise seule les matchs de la saison de horse ball car l’Association de horse ball québécoise (AHBQ) est non active. Même si l’AHBQ ne fonctionne pas, nous continuons toujours à être présents dans le monde des chevaux par exemple nous sommes passés dans la revue L’EQUILIBRE le mois passé.

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Depuis combien d'années le horse ball est-il pratiqué dans votre pays?
 
> Julie Bourbeau : C’est Lucie Angers qui a introduit le concept au Québec en 2004.  A cette époque, une poignée de personnes tentait de s’échanger la balle tant bien que mal... mais avec beaucoup d’enthousiasme !

Julie Bourbeau

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Comment le horse ball est-il organisé dans votre pays ?
 
> Julie Bourbeau : Depuis quelques années, suite à l’épuisement des quelques personnes qui tentaient de soutenir le horse ball, l’AHBQ, les joueurs et leurs équipes, l’AHBQ n’est plus en fonction. La Fédération équestre du Québec accepte de faire notre publicité lorsque nous lui demandons et reconnaissait, à l’époque, l’existence de l’AHBQ, sans toutefois lui offrir de soutien. Nous avons eu des joueurs qui ont réussi à s’impliquer suffisamment pour participer à la Coupe du Monde en 2008 sachant très bien qu’ils étaient surclassés mais qui désiraient tirer profit au maximum de cette expérience. Maintenant, nous avons des clubs qui organisent des matchs, plus souvent amicaux qu’autre chose, durant l’été. Les écuries de Emilie Bonnardeaux sont très actives depuis 2009 et forment de plus en plus de nouveaux joueurs, à la hauteur de nos connaissances du sport.

> Emilie Bonnardeaux : Effectivement, mais il ne faut pas oublier que nous n’avions pas d’aide ou de support, quand nous avons créé AHBQ. Cette association ne fonctionne d’ailleurs plus depuis 2 ans car plus personne ne veut s’en occuper.

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Quel est le nombre d'équipes et le nombre de pratiquants ?
 
> Emilie Bonnardeaux :Les équipes de horse ball ne sont pas toutes actives sur le circuit. Certaines écuries pratiquent le horse ball de façon récréative lors de camp de jour ou autre. La province du Québec est aussi très grande, nous pouvons y rentrer 6 fois la France. Donc couvrir un tel terrain est impossible. Pour ce qui est des équipes actives et organisées, nous prévoyons, pour 2014, d’avoir 2 équipes au sud de Montréal, 1 équipe au nord de Montréal et 2 ou 3 autres équipes à l’ouest de Montréal. Nous avons déjà compté une dizaine d’équipes dans le passé mais celles-ci comptaient parfois un même joueur dans diverses formations... De mon côté dans les plus grandes années nous comptions jusqu’à 4 équipes de 10/13 ans et 8 équipes 14 ans et plus. Face à la pénurie de joueurs, nous avons modifié certains points du règlement pour aider le sport. Réparties en Division 1 et Division 2, les équipes peuvent désormais se rencontrer entre les divisions grâce à un système d’handicap qui permet de multiplier les rencontres.

> Julie Bourbeau : Évidemment, le fait qu’aucune instance structurante n’existe, que ce soit une association ou une fédération, rend difficile l’évaluation exact du nombre d’équipes et de joueurs.

Emilie Bonnardeaux

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Comment est perçu le horse ball dans votre pays ?
 
> Julie Bourbeau : Le horse ball est peu connu mais lors des nombreux matchs de démonstration, il est clair que les gens sont fascinés. Le sport attirent souvent un nombre important de cavaliers qui pratiquent l’équitation western ici. Mais ceux-ci ne poussent pas la pratique du sport plus sérieusement puisqu’ils ne veulent pas monter (ou s’habiller !) avec de l’équipement classique.

> Emilie Bonnardeaux : Pour ma part, c’est contre les coach de concours complet et de dressage que je dois me battre. Ils ne laissent jamais les chevaux de concours faire de horse ball, alors même que le propriétaire le voudrait ! Je dois donc fournir des chevaux en location pour ces cavaliers qui pratiquent les 2 sports. Le horse ball est perçu comme un sport dure pour les chevaux.

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
 
> Julie Bourbeau : Il est clair que les défis sont surtout au niveau de la structure des activités (formation des joueurs, des arbitres, des entraineurs). La distance qui nous sépare de l’expertise (le circuit Pro Elite français) ne facilite pas la promotion du sport puisque cette expertise, lorsque nous avons la chance d’en profiter, coûte très cher et que le soutien financier est inexistant. Ce sont donc toujours les mêmes qui se retrouvent à payer. La présentation du sport lors des matchs d’exhibition est aussi un bon défi : nous n’avons pas de terrains gonflables, peu de bénévoles (puisque la majorité des gens impliqués sont des joueurs), peu de gens qui connaissent les règles du sport pour commenter le jeu et peu d’installations qui nous permettent d’avoir de la musique et de l’animation. Il faut comprendre que le monde des chevaux ici est très différent de ce que nous retrouvons habituellement en Europe : les chevaux ne sont pas dans des clubs mais plutôt dans des écuries qui gardent les chevaux de propriétaires en pension ou, comme chez moi par exemple, les chevaux sont gardés directement sur la ferme familiale. Les installations de chacun varient donc beaucoup d’un endroit à l’autre.

> Emilie Bonnardeaux : L'arbitrage... Dans les 10 ans passés le manque d’arbitre nous a causé beaucoup de chicanes et de conflits au sein des joueurs et équipes. Nous avons perdu plus de 20 joueurs de cette façon. Il faut être capable de rémunérer et former des arbitres sur qui on peut compter... ce qui est difficile car même nous, ne connaissons pas toujours tous les règlements. Au fil des années j’ai été capable d’en avoir 2 ou 3 mais c’est souvent les joueurs de D1 qui arbitrent ce qui est un grand conflit lorsque tu arbitres des équipes que tu coach ou contre qui tu joues. Nous sommes également confrontés à un manque de coach. Il manque des personnes voulant démarrer et coacher des nouveaux cavaliers. Dans le futur j’aimerais être capable de certifier des entraîneurs classiques de niveau 1 et leur donner un certificat leur donnant la possibilité d’être reconnus comme coach de horse-ball. Je travaille présentement à me rendre la première coach certifiée Fédération Equestre Québécoise (FEQ) de horse ball. Comme la FEQ est très influente ici au Québec cette reconnaissance va me permettre de coacher d’autres entraîneurs à devenir coachs eux-mêmes.

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Que manque-t-il dans votre pays pour faire évoluer le horse ball ?
 
> Julie Bourbeau : Je dirais qu’il manque, entre autre, d’expertise, de structure et... d'argent pour soutenir le développement.

> Emilie Bonnardeaux : Des ARBITRES !

Horse Ball

. www.horse-ball.org : Quels sont les axes et projets de développement dans les années à venir ?
 
> Julie Bourbeau : Former une relève solide. Miser sur ceux qui sont activement impliqués.

> Emilie Bonnardeaux : Je continue à former des joueurs dans mon coin. J’aimerais former d’autres entraîneurs certifiés et les mentorer. Ceux-ci pourraient partir des équipes dans leur centre équestre et je pourrais les suivre et les aider. Avoir un manège intérieur assez grand pour pouvoir jouer au horse ball durant toute l’année.

. www.horse-ball.org : Merci mesdemoiselles pour vos réponses et votre patience. Bon courage pour le développement du horse ball au Canada et à bientôt sur les terrains.

 

Vos commentaires

Publié par pro-pro le 12-03-2014 22:18

Anti-anti on t'as reconnu Eric Bassot !!!

Publié par tatayoyo le 12-03-2014 10:11

bonjour, serait il possible d'avoir les horaires de la visite veto de fontainebleau, merci, pas de trace sur le site.

Publié par anti-anti le 12-03-2014 09:18

Ca crache sur FIHB... Est-ce du a l'association ou a son dirigeant actuel ?...

Publié par belarticle le 11-03-2014 19:59

Comment voulez-vous que la FIHB face du lobbing aupres des federations quand cette derniere n'est mm pas reconnue par la FEI et n'a donc aucune valeur sa seule activite et de prendre de l'argent aux organisateurs de competitions internationales et d'arroser ses dirigeants et non de promouvoir le developpement du horse-ball a l'international. Il faudrait dissoudre cette association qui n'apporte rien et recreer une autre en relation avec la FEI. Bref heureusement que la FIHB ne participe pas a l'organisation de la demo de hb aux JEM sinon ca ferait lgtps que la FEI et les organisateurs des JEM aurait retire le hb du programme.

Publié par monavis le 11-03-2014 12:04

Pas de volonte d'une federation= pas de developpement du horseball. C'et partout pareil, on le voit bien en Europe. En France, la fede a eu la volonte de developper ce sport, qui entrait dans leur politique de democratisation de l'equitation, mais on est bien les seuls a avoir eu cette chance. A la FIHB de faire du lobbying aupres des federation recalcitrantes pour aider les gens qui veulent pratiquer ce sport.

Publié par Pseudo le 11-03-2014 10:12

Le discours n'est vraiment pas positif au final : developper le horse-ball aussi serieusement qu'en France s'annonce mission impossible. Ca restera un loisir recreatif plus qu'un sport de haut niveau (re)connu, dommage mais comprehensible au regard des difficultes rencontrees.
A quand du horse-ball au Qatar ?
Merci pour l'article.

Publié par Grandmerci le 11-03-2014 01:07

Merci whbo pour vos articles et informations diffusees regulierement ! Vous faites vivre le horse ball !

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