Actualités, articles, interviews

1  

DOSSIER : Les terrains municipaux !

Auteur : ML / www.horse-ball.org | Date : 26-02-2014

Dossier de www.horse-ball.org : Les terrains de horse ball municipaux

La rédaction de www.horse-ball.org n’a pas fini de dévoiler les secrets du horse ball français. Après avoir dressé un état des lieux de l’arbitrage français et fait le tour des budgets des équipes de Pro Elite et Pro Elite Féminine, c’est aujourd’hui les terrains de horse ball municipaux qui seront l’objet de notre investigation.

Phénomène inconnu d’une grande partie des joueurs français, les terrains de horse ball municipaux sont pourtant une réalité depuis plusieurs années. Particulièrement implanté dans le Sud de la France, cet investissement de la part des collectivités représente les prémices d’une reconnaissance publique pour un sport qui ne laisse pas les néophytes indifférents.

Pour ceux qui pensaient que le horse ball se devait de rester confiné dans les clubs d’équitation, faudrait-il se faire à l’idée que le petit poucet de l’équitation s’invite en ville ? Un terrain de horse ball mitoyen d’un terrain de foot et de terrains de tennis est désormais une réalité pour quelques privilégiés. Nous en avons recensé 5, répartis sur les communes de Saint Rémy de Provence, Aramon, Bellegarde, Grans et celui de La Prevalaye à Rennes... mais il existe certainement d'autres terrains municipaux


Mais comment un tel dispositif peut il voir le jour ? Qui finance la mise en place et l’entretien d’une carrière ? Comment se retrouvent les joueurs et comment se répartissent les créneaux ? Autant de questions dont les réponses peuvent servir de leviers et de modèles pour des développements futurs.

Nous avons porté notre attention sur un terrain en particulier, celui d'Aramon. Aire d’entraînement d’une équipe de Pro Elite et étape sur le circuit souverain de la discipline (Pro Elite), la commune accueille depuis de nombreuses années un terrain de horse ball municipale. Nous avons donc joint par téléphone l’adjoint au maire délégué aux sports, Jean-Luc Noël, ainsi qu’un usager de ce terrain à l’origine du projet, Luc Laguerre.

Contacté par téléphone, Luc Laguerre, nous explique le fonctionnement de ce terrain laissé à disposition des associations : "C’est assez simple, la carrière est à disposition et l’accès totalement libre. On a une clé pour ouvrir le boîtier qui nous permet de lancer éclairage et arrosage, et on a de comptes à rendre à personne !".

Le complexe des sports d’Aramon comprend des terrains de tennis, un hall aux sports, ainsi que des terrains de football et de rugby. Questionné sur la cohabitation du horse ball avec les autres sports, l’ancien champion aramonais n’hésite pas longtemps : "Super bien ! On est au milieu du complexe sportif, la halle aux sports, le tennis, le stade foot juste à côté. Les accès sont différents, avec des zones spécifiques pour les chevaux, des parkings pour nos vans... On est vraiment pas dérangés !".

Et dans cette gestion municipale du terrain, les usagers n’en finissent pas de trouver leur compte : "La ville a complètement à charge l’entretien du terrain.  Et quand on prépare un événement, la mairie se charge de faire une remise en état". L’adjoint au maire de poursuivre : "Ce sont les services techniques de la ville qui gèrent entièrement l’entretien du terrain. Les agents municipaux font régulièrement le tour des barrières, de tout le système d’éclairage, d’arrosage...".

Mais comment se met en place un tel dispositif ?
Quelles situations ont été propices à cet accord entre la collectivité et le horse ball ?

Arrivé en 1993 à Aramon, l’ancien capitaine de l’équipe de France poursuit : "Cela a été fait à une période où il y avait deux associations dans le village, avec des carrières équestres assez sommaires bricolées par nos propres moyens. L’une organisait des petites journées de horse ball, et l’autre organisait des CSO et des concours d’attelage. Tout le monde s’est rendu compte que ça dynamisait la ville. Les gens venaient voir les spectacles gratuits que les associations proposaient, que ce soit du horse ball ou du CSO. En acceptant de mettre en place ce terrain en 1995, la municipalité a décidé de donner un coup de pouce aux associations. Et on a aussi fait valoir le fait qu’à ce moment, il y avait entre 150 et 200 chevaux sur le territoire de la commune. Le constat a alors été simple : pourquoi faire un terrain de foot ou de hand, alors que près de 200 chevaux représentent presque autant d’usagers potentiels !".

Pour l’élu de la ville, l’évidence de la mise en place d’un tel dispositif affiché par Luc Laguerre, est à nuancer : "On avait la chance d’avoir un club de horse ball qui marchait très bien. Mais quand ça a été mis en place ça ne concernait qu’une faible partie de la population. A ma connaissance, il n’y a pas eu de mécontentement profond. Les gens auraient pu penser que c’était du gaspillage pour un sport très peu pratiqué, mais je ne crois pas que ça a été le cas".

Et ce dispositif semble se pérenniser. Depuis 1995, le terrain est à disposition, et les équipes fonctionnent sur ce principe d’infrastructure municipale. Dans cette relation "gagnant/gagnant" les avantages sont bien répartis entre les antagonistes. Avec la possibilité pour les joueurs d’avoir leurs chevaux chez eux, c’est le prix d’une pension qui n’est pas à verser tous les mois. Mais c’est surtout la possibilité de s’affranchir des infrastructures habituelles, de type club, qui offrent certes le même dispositif, mais moyennant finance. On comprend ainsi aisément que la bascule penche du côté du terrain municipal.

Et la mairie n’est pas en reste. Les associations jouent le rôle de valorisation du terrain qui leur est demandé. Avec des organisations d’étapes nationales (Pro Elite), ou encore les finales d’étapes régionales, c’est la visibilité et l’attractivité de tout le village qui s’en trouve dynamisées, à une échelle toutefois relative : "La mairie ne tire pas grand chose comme profit. A vrai dire, ponctuellement il y a un peu de monde sur les manifestations mais cela n’est pas significatif pour la commune et les commerces. D’autant que le terrain est un peu excentré du centre ville..." conclut Jean-Claude Noël.

Mais que les horseballeurs aramonais soient tranquilles. Interrogé sur une éventuelle fermeture de ce terrain, le délégué aux sports de la ville est catégorique : "on n'a pas de projet en ce sens pour le moment !". Mais alors pourquoi ce dispositif ne s’est pas propagé, en 20 ans, à toute la France ? Comment expliquer le fait que ce phénomène ne soit observable que dans un microcosme sudiste allant de Aramon à Grans (soit un rayon de 20km) ?

Pour l’ancien international Luc Laguerre, "la situation géographique n’y est pour rien. C’est parce que les associations en font la demande. J’imagine que ça n’a pas été fait ailleurs. A l’époque ça existait à Grans et à Lançon-de-Provence. Les associations du coin se sont donc inspirées de ce que nous avions fait pour faire de même". Avant de conclure, "pour une municipalité, si tu arrives à avoir un peu de légitimité, avec du vécu et des adhérents, et que tu crées un dynamisme autour de cela, c’est forcément intéressant !".

 

Mais la réalité aramonaise est-elle généralisable à tous les terrains municipaux ? Pour le savoir nous nous sommes rendus du côté d’un terrain nouvellement mis en place. A Bellegarde, la municipalité a mis en place en 2011 un terrain de horse ball.

Pour se faire, nous avons joint par téléphone Sylvain Mercier. Usager et à l’origine du projet, il nous explique le fonctionnement du terrain : "La mairie nous a mis à dispo le terrain, le sable et tout ce qui concerne la mise en place de la carrière. Nous, on  a investi dans le bois pour les lices, dans les buts, et l’arrosage. Ce sont les services techniques qui ont géré les parties techniques, et tout ce qui est éclairage, arrosage, etc... C’est nous (l’association, ndlr) qui avons acheté, et la mairie qui a posé. Le choix de l’emplacement s’est imposé de lui-même. Il y avait déjà un parking éclairé, on était pas trop loin de la ville pour l’éclairage, sans être trop dans le centre pour ne pas gêner les riverains. C’était la meilleure option pour que ce terrain soit fonctionnel. C’est pas formidable bien sûr, mais c’est très pratique". Concernant l’entretien et la gestion du terrain, la formule bellegardoise est une nouvelle fois un peu différente : "C’est nous qui gérons entièrement l’entretien du terrain".

Mais si les modalités changent, la reconnaissance d’une municipalité pour la pratique équestre, et en l’occurrence, pour le horse ball reste la même : "Quand le centre équestre de Bellegarde a fermé on s’est retrouvé sans structure et sans terrain permettant de conserver une activité sur Bellegarde. A cette époque la mairie nous aidait beaucoup sur le plan financier, en tout ce qui est sponsoring notamment. On leur a donc demandé s'il pouvait  nous prêter un terrain et faire les travaux pour pouvoir conserver l’activité sur Bellegarde et continuer à représenter la ville".

Et avec cette collaboration étroite entre l’association de horse ball de Bellegarde et la municipalité, c’est l’accès à ce terrain qui s’en voit beaucoup plus limité. Ouvert à tous à Aramon, le terrain de Bellegarde "est uniquement réservé aux licenciés et adhérents de l’association, qu’ils fassent du horse ball ou non".

Finalement, peu importe le menu, la formule semble plaire à tout le monde : "Le terrain nous permet en fait de nous retrouver tous au même endroit pour s’entraîner dans les meilleures conditions possibles".

Toutefois, il semble que ce système soit à nuancer. Effectivement, si le phénomène n’est pas géographique, il est facilement concevable le fait que le modèle ne soit pas applicable partout. En effet, il n’est pas à la portée de tous d’avoir son cheval chez soi, et de pouvoir le transporter toutes les semaines, en zone urbaine notamment. Mais si le modèle n’est pas applicable partout, dans un sport où les clubs provinciaux sont légion, une fenêtre d’optimisme peut tout de même être ouverte...

Une réelle mobilisation du système associatif auprès des collectivités locales permettrait une collaboration vitale au développement de la discipline. Ainsi, un développement provincial étendu permettrait aux associations des grandes villes de s’appuyer sur cette collaboration.

A quand un terrain dans les grandes villes pour promouvoir ce sport ?

Lyon, Marseille, Paris... L’évolution et la promotion de la discipline ne se feront que si les métropoles sont impliquées. Associations et passionnés, l’exemple est donné, c’est maintenant à vous de jouer un match qui, une fois n’est pas coutume, ne se gagnera pas sur le terrain.

 

Vos commentaires

Publié par soleneBHC le 26-02-2014 13:13

Le terrain de Rennes (La Prevalaye) est egalement un terrain municipal gere par la ville ! Avis aux bretons qui seraient a la recherche d'un terrain pour relancer le hb en Bretagne !

Réagissez à cet article
  1.   caractères de aA à zZ, 0 à 9 et signes - . _
  2.   entrez le code sur votre gauche *
  3. Les opinions émises n'engagent que leurs auteurs. L'équipe de www.horse-ball.org se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises. * Champs obligatoires