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F.Descamps : Une passion... dévorante !

Auteur : www.horse-ball.org | Date : 18-05-2020

INTERVIEW
Frédéric DESCAMPS - Lundi 18 Mai 2020

L’arbitre de horse ball fait partie intégrante du jeu : effectivement, sans arbitre pas de match. A la manière de n’importe quel autre sport d’équipe, l’arbitre est au moins aussi important que le dressage du cheval ou la maitrise du ballon. Seuls juges sur les matchs, les arbitres sont les modérateurs et les protecteurs du jeu. Plus largement, ils sont garants de la sécurité sur et autour du terrain.

La rédaction de www.horse-ball.org a souhaité partir à la rencontre de quelques arbitres incontournables du paysage horseballistique français… C’est au tour de Frédéric Descamps, afin de mieux connaitre sa vision de la discipline, son implication ainsi que son regard sur le rôle d’arbitre.

Horse Ball

. Bonjour… Pourriez-vous nous présenter votre parcours dans le monde du horse ball et les raisons qui vous ont poussé à vous engager dans l’arbitrage ?

. Frédéric Descamps : Bonjour, j’ai découvert le horse ball il y a une vingtaine d’années, quand mes filles Apolline et Valentine ont commencé à monter à poneys au club de Meurchin, et que Dominique Bouchery leur a transmis cette passion… dévorante. Sans expérience équestre, mon parcours de joueur débuté sur le tard n’a pas dépassé le stade régional. J’ai entraîné quelques équipes de niveau Club et une équipe en Amateur Elite.
L’arbitrage est venu quelques années plus tard, avec l’impulsion de Christophe Bougaut qui m’a proposé un stage de formation en région, et Éric Guy qui m’a forgé à l’arbitrage du haut niveau.

. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris, quant aux compétences nécessaires à la fonction d’arbitre, et qui ne sont peut-être pas des qualités premières pour vous ?

. Frédéric Descamps : Les arbitres doivent analyser, juger les phases de jeux, et prendre des décisions collégiales rapidement. Cela implique de savoir absolument travailler en équipe, d’avoir la capacité de se remettre en question, et de garder son calme. Il faut également être pédagogue pour expliquer les décisions, même si elles sont parfois mal acceptées, et c’est ma personnalité discrète qu’il a fallu faire évoluer au bord des terrains pour pouvoir officier correctement.

. Donnez-moi 1 avantage et 1 inconvénient à arbitrer ?

. Frédéric Descamps : Pouvoir prendre des décisions….et devoir prendre des décisions.

. D’après-vous faut-il avoir été joueur (ou être joueur), pour être un meilleur arbitre ?

. Frédéric Descamps : Beaucoup d’exemples prouvent qu’il ne faut pas forcément avoir une expérience de joueur pour être un bon arbitre de horse ball, même si cela facilite l’apprentissage. De nombreux arbitres en région Hauts de France ont choisit de s’impliquer sans pour autant avoir joué auparavant, et ils officient très bien. Les qualités premières pour être un "meilleur" arbitre reste l’implication, le sérieux et la bonne lecture du jeu.

. Les arbitres sont souvent source de frustration pour les concurrents… bien souvent, les joueurs impliquent les arbitres dans la responsabilité de leur propre contre-performance… Comment vivez-vous ces critiques ?

. Frédéric Descamps : C’est culturel, l’arbitre reste l’exutoire des frustrations pour les équipes perdantes. Il est plus facile de critiquer et de refaire le match sur un tabouret de bar entre potes devant une bière, que de s’essayer à l’arbitrage pour être confronté à la difficulté de juger et par retour d’être jugé.
Ces critiques je dois les recevoir, ça fait partie de la fonction. Je les accepte si elles sont fondées. Mais surtout elles sont nécessaires pour engager un dialogue avec les joueurs et coach afin que cela soit constructif et fasse évoluer notre sport. Si ces critiques sont lancées sous anonymat électronique, et ne visent qu’à blesser personnellement, elles sont sans intérêt. Dans tout les cas, le respect mutuel doit rester une ligne de conduite, que l’on soit cadre de l’équipe de France ou débutant en région.

. Votre région (Nord) est l’une des zones les plus dynamiques pour le horse ball français… En est-il de même pour l’arbitrage ?

. Frédéric Descamps : En effet, le nord de la France est une région très dynamique pour le horse ball, et c’est grâce à l’implication et aux moyens matériels que le CRE des Hauts de France a mis à notre disposition. Mais aussi et surtout aux clubs qui dynamisent notre discipline, avec plus de 100 équipes engagées tout niveau confondu, qui se rencontrent dans un championnat structuré, réparti annuellement sur 12 journées (hors amateurs), et comportant chacune entre 25 et 34 matchs/jour…
Dans ce contexte, l’arbitrage se doit d’être à la hauteur de la demande, et c’est avec 70 arbitres répertoriés dont 60% sont très actifs que nous assurons l’arbitrage sur ces journées. Que ce soit en terme d’effectifs et de niveaux, notre région est très dynamique et je tiens à remercier les officiels qui œuvrent toujours avec bonne humeur, quel que soit le climat.

. Comment organisez-vous la formation des arbitres dans votre région ?

. Frédéric Descamps : La formation des officiels s’organise sous deux aspects, avec deux formations théoriques par an, et une formation terrain qui se déroule en continue sur l’année.
Je prends en charge totalement la formation théorique, avec le rappel des règles générales et de leur évolution, mais aussi de la ligne de conduite que les officiels doivent adopter sur et au bord des terrains, quelle que soit leur fonction (arbitre, coach, joueurs,..). Je clôture ces formations théoriques par quelques vidéos de situations de match, qui illustrent la lecture du règlement. Suivi d’un petit repas pour souder les équipes.
Pour la partie pratique, je m’appuie sur une équipe d’arbitres expérimentés que je supervise. Cette équipe prends en charge les arbitres inexpérimentés, mais aussi ceux qui ont un peu décroché des terrains, pour les cadrer et les aider à évoluer sereinement dans l’arbitrage et son ambiance pas toujours cordiale. Le débriefing des matchs se fait à chaud pendant les mi temps et à la fin des matchs.

. Comment s’organise la prise en charge financière des arbitres au niveau régional ?

. Frédéric Descamps : La prise en charge des arbitres est prise en charge par les clubs organisateurs via les engagements des équipes.
Nous avons organisé l’arbitrage en s’inspirant du fonctionnement des circuits fermés. Avec une moyenne de 28 matchs par journée de championnat, il fallait structurer l’arbitrage pour avoir des officiels complètement impliqués sur une journée, donc un système de permanents identique aux circuits pro est en place. Les permanents arbitrent au minimum six matchs sur la journée en contrepartie d’un forfait. Les autres arbitres sont défrayés au match sans contraintes en dehors des matchs qui leur sont attribués. Le club qui organise prend en charge également la restauration de tous les officiels, sans distinction.

. Selon vous, quels sont les points ou les axes de réflexion essentiels à l’évolution de la discipline et à l’arbitrage ?

. Frédéric Descamps : Je ne pense pas qu’il y ait tel ou tel point essentiel, mais le travail en équipe reste une base d’évolution. Des forums organisés pendant les étapes pourraient créer une dynamique.
Pour la partie arbitrage, il faut, je pense, améliorer la lisibilité et la compréhension des fautes sifflées. Je suis certain que 90% des joueurs ne connaissent pas plus de 10% du règlement, et n’ont qu’une notion basique (3 passes avec 3 joueurs différents….ce sont les joueurs qui doivent êtres différents pas le style des passes). Le rôle du speaker est important pour relayer et expliquer les fautes sifflées, comme l’entraîneur qui doit dans son club distiller quelques notions qui pourraient éviter des situations graves, même si son rôle premier reste la création d’une dynamique de victoire.

. Avez-vous un dernier message à faire passer ?

. Frédéric Descamps : Notre sport est jeune et devrait pouvoir trouver dans une juste mesure, sa place et sa notoriété devant un public plus large. Mais il reste un sport intimiste pratiqué par des passionnés, qui se doivent d’être proactifs pour avoir une meilleure reconnaissance.
De grosses échéances sportives mondiales vont avoir lieu en France dans quelques années, et il est important de nous montrer à ces occasions. J’ai toujours en mémoire les JEM en Normandie, le stade d’Ornano de Caen rempli à craquer pour la cérémonie d’ouverture, les matchs et l’ambiance de fou au pôle hippique…
Bref, ne vous demandez pas ce que le horse ball doit faire pour vous, mais prenez des initiatives pour le faire grandir.

. Merci d’avoir répondu à nos questions… à très bientôt !

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